Selon l'encyclopédie
philosophique universelle, l'extase permet
de comprendre l'amour sous sa forme mystique ...
L'extase
Le bonheur ne consiste pas dans la possession
de troupeaux et de l'or. C'est dans l'âme qui est le siège
de la béatitude. Démocrite L'amour
sous sa forme mystique correspondant à Dieu ... l'extase
permet donc de comprendre Dieu.
Tout être humain ayant fait l'expérience
de l'extase,
que ce soit de façon accidentelle (lors d'un état
de mort imminente par exemple), ou au travers de l'ascèse
et du renoncement, dirait sans doute qu'il s'agit d'un état
de bien-être indescriptible, sans commune mesure avec tous
les autres états de l'existence.
Cet état extatique, qu'on l'appelle ATARAXIE, épochè, SOUVERAIN
BIEN,
JOIE, BÉATITUDE, bhakti,
FÉLICITÉ, nirvana, ÉVEIL,
ou SAGESSE ... est en effet intraduisible
par le vocabulaire, car il s'agit d'une sensation physique et psychique
générale dans laquelle n'émerge ni l'analyse
ni la réflexion.
Tout près du renoncement est la béatitude. Shrî Aurobindo extrait du bhagavad gita Il y a une irréductibilité absolue
entre la verbalisation de ce ressenti subliminal et le ressenti lui-même,
entre l'extase vécue dans la chair, et l'explication
intellectuelle de celle-ci.
Il s'agit donc d'un état exceptionnel véritablement distinct
de tout ce que nous pouvons ressentir et vivre dans la vie courante.
Une sensation singulière, radicalement
distincte de ce que le langage courant appelle ; extase,
joie, plénitude, béatitude ou bonheur, et qui sont des termes soit tombé en désuétude, soit récupérés par le système de consommation et assimilée par lui aux plaisirs vulgaires qu'il procure.
Le ressenti typique de l'extase, n'a non plus rien à voir avec les sensations que nous pouvons ressentir dans les moments de grande sérénité,
de bonheur, de douceur ou de repos, tel que le langage commun en
parle.
L'état extatique sépare radicalement en deux,
l'ensemble des états possibles de l'être humain.
D'un
côté il y a le ressenti extatique ... et de
l'autre l'ensemble de tout les autres états.
Psychiquement,
ces deux ressentis sont non-superposables. On ne peut être en extase et normal à la
fois.
Le premier état anéanti tous les phénomènes
de la normalité.
Il élimine
par exemple, la dualité intérieure, le désir
d'action, la présence du temps dans la conscience, la
distinction affective entre les choses, l'angoisse de la mort, ou la variabilité des états
émotionnels et des sensations physiques.
En ce qui concerne l'état du yogî qui par la connaissance, est délivré dans la vie » et a réalisé « l'identité suprême », nous citerons encore shankarâchârya […]
« Le yogî, dont l'intellect et parfait, contemple toute chose comme demeurant en lui-même (dans son propre « soi », sans aucune distinction de l'extérieur et de l'intérieur), et ainsi, par l'oeil de la connaissance (expression qui pourrait être rendue assez exactement par « intuition intellectuelle ») il perçoit, ou plutôt conçoit, non rationnellement ou discursivement, mais par une prise de conscience directe et un assentiment immédiat que toutes choses est Atmâ.
René Guenon l'homme et son devenir selon le Vedanta
L'ambiance sensorielle et psychologique des deux formes de ressenti
est radicalement distinctes. Cette différence concerne l'ONTOLOGIE même de l'être
humain.
La sensation extatique génère un sentiment d'amour, d'équilibre,
d'infinité
et de jouissance profonde
et continue, spécifique à cette expérience.
La
jouissance du plaisir ou du bonheur ressenti dans la vie
normale, même lorsqu'ils atteignent des hauteurs extrêmes,
n'égalent jamais la jouissance extatique.
Ce n'est pas une question d'intensité, mais d'état
d'esprit et de durée.
Par exemple, s'il est vrai que l'intensité du pic de l'orgasme sexuel, atteint exactement la même hauteur que la jouissance
béate, la brièveté du paroxysme orgasmique ne nous laisse même pas le temps d'en comprendre la sensation ni d'en jouir pleinement - l'extase en ce sens correspond à un orgasme permanent - sans compter qu'il y a également une sorte d'ambiguïté mentale après
un orgasme qui n'existe pas dans l'extase.
Nous pouvons donc
dire, que la jouissance sexuelle est une
sorte de publicité subliminale pour l'extase.
La jouissance béate,
irise le corps et l'esprit comme dans l'éclair succinct
du jouir sexuel.
Seulement la première se maintient et se prolonge pour plonger
le corps et la conscience dans un état permanent de jouissance
sans pulsions - parfois plusieurs jours comme la « patiente » de
Janet.
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