philosophie naïve du devenir humain
Français Portugais English Deutsch Chinese    Ecrire à l'auteur Format imprimable
 
bonheur amour
introduction
extase description
spiritualité et extase
le nirvana
philosophie et extase
bonheur plaisir
plaisir bonheur
la téléologie
l'extase et le temps
 

Le temps s'en va, le temps s'en va, madame ; Las ! Le temps, non, mais nous nous en allons. Ronsard

Le paradoxe du temps

Le temps comme construction mentale

natureO temps suspends ton vol implore le poète comme pour d'un doigt détourner un cours d'eau ...
O mon esprit, suspends en toi le vol du temps demande le sage, se laisser tout simplement glisser sur l'eau
.

Même si la notion de « temps » est indissociablement attachée à la matière, au mouvement, à l'univers (donc à notre réalité phénoménologique), rien n'est plus incertain que sa réalité.

Tout d'abord, la notion de temps, telle qu'on l'utilise couramment pour organiser notre monde, est une valeur apprise. Elle ne semble d'ailleurs utile qu'à l'homme.
Même si certaines facultés cérébrales nécessaires à son existence (la mémoire, l'anticipation), existent chez d'autres espèces, être « conscient » du temps semble une spécificité typiquement humaine.

Minute, seconds, heure, jour, siècle

La capacité de fractionner le déroulement constant des choses en minutes, secondes, heures, jours, siècles ... est un formidable instrument d'élaboration de notre monde.

Cette trouvaille humaine est fondamentale pour développer et organiser le progrès. Elle est nécessaire aux sciences, à la compréhension de notre univers, à l'émergence des concepts « d'intemporel » et « d'éternel ». Autrement dit, l'idée de temps était fondamentale pour donner naissance au concept de « dieu » et « d'au-delà ».

Le temps caractérise « l'humanité constructrice » et spirituelle.

 

Philosophie du temps

 

Le temps n'est pas moins pollué que l'espace : je viens de passer un sale quart d'heure. » Roland ToporLorsque nous décidons de nous mesurer à la réalité du temps, nous sommes rapidement confronté à un problème.

Au niveau de l'expérience sensible, le temps semble effectivement avoir une consistance. Le monde change, les saisons passent, mon corps se transforme et tout cela nous pouvons l'attribuer au temps.

Mais lorsque nous essayons d'en palper la réalité, rien de tangible ne semble pouvoir le faire exister réellement.

En effet, le PASSÉ est passé, il ne peut exister concrètement. Lorsqu'il existait concrètement, il s'appelait présent.

Le futur n'existe pas non plus concrètement et quand il existera concrètement, il s'appellera PRÉSENT.

Donc le passé comme le futur, sont des constructions mentales.

Si l'existence du temps est relative à l'existence du passé et du futur, et si le passé et le futur n'existent pas de manière concrète, le temps n'existe pas de manière concrète.

D'autre part, il nous est impossible d'être concrètement en même temps dans le passé et le présent.
Nous ne pouvons pas non plus être concrètement, en même temps dans le présent et le futur.
Donc nous ne pouvons être que dans le présent.

Autrement dit, concrètement, le temps n'existe pas pour l'homme.

Si donc, le passé et le futur n'existent pas, et si l'homme constructeur passe la plupart de « son temps » dans ces deux notions fugitives, l'homme constructeur, la plupart du temps, « n'existe pas » (au sens « d'exister pleinement », comme nous pouvons le dire de l'extatique aux contacts permanents du présent).

 

Difficulté «d'être»

Être, c'est être au présent pur

temps-daliLe temps n'existe pas pour « l'homme constructeur » et pourtant cette notion l'englobe, l'enserre, étreint entièrement son existence.

En effet, pour construire l'humanité, nous avons besoin de passer la plus grande partie de notre existence, dans le passé où l'avenir.

Notre esprit a besoin d'aller prendre des repères dans les choses révolues. Il doit se projeter dans le futur pour l'imaginer, le prévoir, le bâtir, le faire exister.
.
L'« homme constructeur » n'est pas « prévu »pour profiter en permanence de l'existence présente. Il ne peut pour jouir constamment de l'immédiateté (contempler, ressentir, ne penser à rien, ne rien projeter).

Nous sommes fait pour travailler à l'humanité (et la conduire progressivement à sa perfection).

En effet, à cause des difficultés qu'elle nécessite (ascèse, abstinence, renoncement etc.), « l'immédiateté permanente » (l'extase), est interdite, d'une certaine manière, à l'homme constructeur.
Même la « forme ordinaire de l'immédiateté », autrement dit « les plaisirs » (repos, jouir etc.), ne peuvent être des fins en soi sans mauvaises conséquences. L'excès de repos engendre de l'oisiveté difficile à supporter … L'excès de plaisir (sexe ou « paradis artificiels ») conduisent à la compulsivité et ses déboires.

La «ruse de la raison» dont parle Hegel, nous interdit, en quelque sorte, le libre accès à un présent parfait et durable, (autrement dit au bonheur absolu, au souverain bien, à l'extase.)

 

L'inexistence du temps

La seule réalité est l'immédiat

« Le temps est l'image mobile de l'éternité immobile. » Platon, philosophePar principe, la seule chose qui existe réellement c'est le présent, l'immédiat.

Le passé n'existe plus concrètement, il ne peut se refaire ni se revivre.

Le futur n'existe pas concrètement, il ne peut jamais se vivre (quand il se vit il s'appelle à «présent».

Si le passé et le futur n'existent pas concrètement, ils ont pourtant un rôle majeur dans l'humanité.

Grâce à eux, nous pouvons développer toutes sortes de progrès (technique, social, philosophique, progrès de la conscience etc.).

Donc, tant que l'humanité a encore à progresser, l'esprit de l'homme doit naviguer en permanence entre le passé, le présent et le futur.

Comme nous l'avons déjà dit à plusieurs reprises, la création semble être une véritable merveille d'intelligence.

Tant que nous avons besoin d'utiliser le passé et futur, ces deux notions se présentent à notre conscience en dépit de notre volonté. Les imperfections de notre éducation, ses traumatismes inévitables, l'autocritique nécessaire de nos actes, nous maintiennent en permanence au contact de notre passé. De l'autre côté, notre besoin de progresser, d'évoluer, de construire, impose constamment de l'avenir dans notre présent.

Le temps court sans cesse vers l'avenir dit Plotin.

Le temps et l'effet de la course inachevée de l'âme qui anime le monde.
L'expérience de notre complétude, comme de l'incomplétude de toute chose dans ce monde visible, de la course de notre existence humaine, de la vie de tous les êtres vivants, des astres dans le ciel, comme pour tenter -en vain - de combler cette incomplétude, cette expérience et celle du temps. En revanche en détachant notre âme et notre intelligence (individuelle) du monde sensible, en l'élevant de l'âme du monde vers l'intelligence, nous nous éloignons de la « roue » du temps pour contempler les formes (unité) éternelle qui donnent à ce monde ce qu'il peut posséder de stabilité et d'ordre. Mieux en faisant en sorte qu'elles s'unissent à l'Un et s'abolissent dans l'Un, principe divin de toute chose dans la plénitude de l'union avec l'Un, délivré alors du mouvement inquiète de la vie, du souci de l'avenir ou du regret du passé, délivré même de l'effort de l'intelligence et du discours qui se poursuit dans le temps, nous accédant à l'éternité, une, indivisible inéluctable.

C'est quand notre âme est séparée du principe unique originel de toute chose que, séparée par la même occasion d'elle-même, agité, inquiète, insatisfaite, occupé sans cesse par un nouvel objet, passant d'un état à un autre, elle est alors dans le temps.
« C'est donc la séparation de l'âme (diastasis en grec) qui occupe du temps » séparation d'avec l'Un (avec Dieu), éternel et ineffable. B. Piettre (philosophie et science du temps)

 

L'extase et le temps

Physique, philosophie mesure et histoire

Le monde et le temps ont été crée ensembles. Saint Augustin.Le temps, pourrions dire à la suite de ce très beau texte du philosophe platonicien, tire son existence de la naissance de l'univers. Il a besoin du monde sensible, solide et muable, pour exister. Mais l'homme peut s'en détacher.

Il y a donc, le temps pré univers, le temps pour l'univers et le temps pour l'humain.

Le temps avant l'univers

Avant l'univers, disent quelques scientifiques, se tenait une sorte de « vide » (quantique) palpitant. Ce vide donc, devait contenir en son sein (sous forme de potentialité, ou de virtualité), toute la structure, de l'univers.
Si dans cet espace « près univers » (tel qu'il nous est décrit), le temps ne pouvait exister concrètement (ayant besoin de matière et de mouvement pour « être »), il existait forcément sous forme potentielle.

Il est évidemment impossible aujourd'hui de se faire une idée raisonnable ou rationnelle de la nature et de la forme du monde pré univers.

Pour certain (et nous en faisons partie) cet espace est le siège d'un « principe créateur » de nature « amour absolu » (dieu). Pour ces derniers les définitions scientifiques "froides" (vide quantique palpitant), ne suffisent pas. Nous pouvons simplement remarquer que ces définitions se rapprochent étrangement de celles proposées par les religions pour décrire Dieu.
Disons qu'il s'agit d'un espace inconnu, insoupçonnable et inimaginable aujourd'hui. Selon nous il s'agit d'un espace divin, non soumis au régime de l'univers temporel, matériel, et spatial.

Le temps pour l'univers

À l'opposé (mais pas tout à fait), il y à l'univers et tout ce qu'il comporte. Celui-ci est soumis (mais sous une certaine forme seulement) à la flèche du temps (parce que soumis à une finalité, une mort).

Le temps pour l'homme

Et enfin, il y a le temps selon l'homme.
Ce temps est à deux formes.
Il y a d'un coté le temps de l'homme en état ordinaire et de l'autre, le temps de l'homme en état extatique.
Si l'être humain possède un corps soumis au temps, il a également une conscience et une volonté. Et ces deux facultés sont capables d'affranchir l'être humain, du temps (à travers la béatitude le nirvana, l'extase).

  1. Dans l'état ordinaire (autrement dit dans l'état de « l'homme constructeur »), le corps et l'esprit sont entièrement soumis à l'épreuve du temps. Nous espérons ou redoutons le futur, et nous sommes nostalgiques, souffrants ou rêveurs de notre passé.  
  2. Dans l'état extatique, même si physiologiquement le corps est en liaison avec le temps, l'esprit lui, posé sur l'immédiat, n'y fait plus référence. L'extatique est déconnecté de son passé (sans remords, sans nostalgie, sans besoin de vieilles références). Il est également déconnecté de son avenir (plus d'angoisse et plus besoin de projection ni d'espérance).

En un mot, l'homme en extase, est soumis au temps, mais il n'en a plus aucune conscience.

Le temps alors n'existe ni dans le monde avant l'univers ni pour l'état extatique.
Il y à donc dans l'extase, une sorte d'identité entre l'expérimentateur et le monde pré univers, autrement dit entre Dieu et l'extatique.

Appuyons nous sur ce principe. Si, comme nous le pensons sur ce site, l'humanité évolue progressivement vers sa perfection (l'humanité entière aboutie dans l'extase), elle va alors à la rencontre de son principe créateur.

Le temps tient toute sa réalité par et pour l'homme. Mais le temps de l'extase (donc le temps de l'abolition du temps dans l'esprit humain), n'est pas encore venu.

Pour finir de construire toutes les structures de l'humanité la notion de temps nous est encore nécessaire.
Notre type d'évolution ne peut se réaliser en dehors de la conscience du temps.

Après avoir pris conscience de notre fin et de la fin des choses de ce monde (donc pris conscience du temps), la connaissance fût possible.
Parce qu'une connaissance est possible, l'évolution peut atteindre sa perfection, autrement dit : « l'abolition du temps dans l'esprit humain ».

L'état extatique étant un état de présence absolue au monde (un état sans passé, ni futur), si l'ensemble humain accédait dès aujourd'hui à l'état de béatitude, son évolution cesserait.

 

L'être et l'étant face au temps

L'Être (au sens HEIDEGGERIEN du terme), est ce qui est affranchi de l'espace et du temps.

L'étant au contraire, est intimement lié à l'espace et au temps.

L'être et l'étant correspondent aux deux formes de la matière ( forme immatérielle (quarks), forme matérielle (corpuscule, atome, organes, biologie ...)

La matière est donc en même temps immanente (étant) et transcendante (être).

l'être humain est donc en même temps immanent (étant) et transcendant (être).

La plupart des choses de l'univers (la matière, la nature, les animaux) appartiennent au domaine des « étants ». Elles sont inconscientes.
Maintenues dans le monde des étants par certaines forces. Forces instinctives chez l'animal (instinct de perdurer, de se reproduire ... ), forces fortes, faibles, gravitationnelles etc, maintenant l'esprit de la matière (les quarks) dans la matérialité.

Lorsque l'étant atteint la béatitude, il se trouve psychologiquement libéré de l'espace et du temps et devient donc « être ».

Il devient "être" car son esprit est uniquement activé par «l'être » en nous, autrement dit par les particules élémentaires et immatérielles : les quarks.

 

Le temps, la mort, la béatitude

L'Etre c'est dieu, l'étant, c'est l'homme

Dans la béatitude l'homme est « être » mais il n'en a pas conscience. Il est alors hors de la pensée du temps, il peut seulement le ressentir. Pour ETUDIER l'Etre, l'esprit doit s'appuyer sur le temps. Mais pour RESSENTIR l'Etre, l'esprit doit se désactiver du temps.

L'esprit à besoin de comprendre son monde et le sens de sa présence au monde, (donc besoin de penser en terme de temps) parce qu'il a pris conscience de sa mort.

Le passé, certes, motive l'homme a chercher et par là même, à construire son monde, mais le grand moteur c'est le futur, l'avenir dans lequel se trouve l'angoisse de notre mort.

Ainsi, pour dépasser son problème de "fin", pour dépasser la mort, l'homme s'élabore en s'appuyant sur le temps

Finalement le temps semble être un simple instrument « de construction ». Quand l'humanité aura entièrement finalisé et déchiffrer son monde, quand elle aura atteint son état de perfection elle pourra s'extraire du temps, par là même, transcender la mort.

Penser ou ressentir, il faut choisir

En prenant conscience qu'il était mortel, l'homme a découvert le temps.

Grâce à cette conscience du temps l'humanité peut s'élaborer, découvrir ses énigmes, accéder à la béatitude, et finalement dépasser sa condition de mortel.

L'esprit humain et donc a 2 positions : celle de l'homme constructeur (délimité par les questions d'espace et de temps vers lesquelles convergent toutes ses références), et celle de l'humain béat, délié de l'espace spatio-temporel.

L'homme constructeur ne peut penser l'éternité du monde pré-univers (c'est-à-dire Dieu). Son esprit rencontrant constamment les limites de l'espace et du temps, l'éternité lui est inconcevable en profondeur (il peut en parler en surface, l'utiliser en tant que concept).

En revanche l'humain abouti (le béat) comprendra, par son expérience, ce qu'éternel veut dire, puisque son esprit sera immergé dans un monde sans réfèrent spatio-temporel.

 

Phénoménologie et béatitude

L'expérience comme intuition sensible

La phénoménologie husserlienne comme philosophie, est une des réflexions les plus proches de la vérité au sens absolue du terme. Elle propose de revenir à « l'expérience directe », au « contact immédiat avec la réalité ». La Vérité, il est vrai est dans le présent immédiat (le passé n'existant plus et le futur, pas encore).

La seule façon pour l'humain d'accéder au parfait immédiat, c'est d'atteindre l'état de béatitude, de nirvana, d'extase. C'est la seule épreuve permettant de se délier totalement du passé. De se détacher complètement du conditionnement, de la pression de la société, du déterminisme, de l'inconscient, de l'idée, de la réflexion, de l'analyse (activités rattachées au futur, au passé, au désir, à l'honneur, à la réussite) ...

Le béat est coupé du temps de manière complète. Il est dans un état de naïveté et de pureté psychique proche de celui du nouveau-né. A cela près tout de même, ses années d'éducation lui ont permis d'accéder à un psychisme capable de maîtriser totalement son ego et de dépasser son narcissisme (chose que le nouveau-né ne peut pas faire).

L'éducation est donc nécessaire pour atteindre la béatitude. Mais une fois l'extase atteinte, toutes références à l'éducation deviennent inutiles.

 

philosophie, dieu et platon> Matière

Pages

1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9

 

Accueil - Contact ^ Haut de page