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Mise à jour le 17/05/2012 - Paris

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Biographie metaphorique de l'auteur

L'humanité est vouée à atteindre sa perfection.

Autoportrait amélioré, Jean Marc TonizzoJohann Gottlieb Fichte ; Un penseur d'origine modeste, né de parents pauvres. Isolé intellectuellement (il mourra dans l'indifférence générale).

Face aux riches sophistes, Socrate le pauvre proclame .....

Albert Camus, naît [...], dans une famille très modèste ...

Bachelard .. Tout en travaillant dans les Postes et Télécomunication ...

Platon. L'activité philosophique est indissociable de la réflexion politique. Notre monde est un reflet d'un monde supérieur où siègent les vérités éternelles.

Schopenhauer Le monde universitaire ignorera ses travaux.

Kant .. Enfant issu d'une famille modeste ...

Jean-Jacques Rousseau ... Son existence est marquée par l'errance et la marginalité ... Autodidacte de génie ... il meurt à ... dans la demeure de ... chez qui il avait trouvé asile ...

Il se sent vide de son cœur. Il se voit au seuil de la vieillesse, sans amis avec l'âme la plus extensive, (julie ou la nouvelle Heloïse).

Quiconque veut se résoudre à lire ces lettres doivent s'armer de patience sur les fautes de langue, sur le style empathique et plat, sur les pensées communes rendues en termes ampoulés ; il doit se dire d'avance que ceux qui les écrivent ne sont pas des Français, des beaux esprits, des académiciens, des philosophes ; mais des provinciaux, des étrangers, des solitaires, deux jeunes gens, presque des enfants, qui, dans leur imagination romanesque, prennent pour de la philosophie les honnêtes délires de leur cerveau. (julie ou la nouvelle Heloïse).

 

Voltaire ... Bastonnés par les valet d'un noble, il comprend que la noblesse peut cacher beaucoup de brutalité et de mépris..

Tire ainsi tes flèches si tu veux devenir une lumière pour les hommes HomèreHegel. Lorsqu'on considère les individus, les états, l'ordre du monde, il est plus facile de voir leurs défauts que de reconnaître leur vrai contenu. En critiquant négativement, on se donne des airs distingués et on survole dédaigneusement la chose sans y avoir pénétré ...

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« Je suis coupable de me faire aimer »

« Nous sommes si présomptueux que nous voudrions être connus de toute la terre, et même des gens qui viendront quand nous ne serons plus. » Blaise Pascal.

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Nietzsche.

Nous, chercheurs de la connaissance, nous sommes pour nous-mêmes des inconnus, - pour la bonne raison que nous ne nous sommes jamais cherchés... Quelle chance avions-nous de ne trouver quelques jours ? On a dit à juste titre : « où est ton trésor, là aussi est ton cÅ“ur » ; notre trésor est là où sont les ruches de notre savoir. Abeilles-nées, toujours en quête collecteur du miel de l'esprit, une seule chose nous tient vraiment à cÅ“ur - « faire provision ». Pour le reste, quant à la vie, aux prétendues « expériences vécues », lequel d'entre nous les prend seulement sérieux ? Lequel en a le temps ? Dans cette affaire, je le crains, nous n'avons jamais été vraiment « à notre affaire » : le cÅ“ur n'y était pas - ni même l'oreille ! bien plus, comme un homme divinement distrait, absorbé en lui-même, aux oreilles duquel viennent de retentir à grand bruit les 12 coups de midi, et qui, brusquement éveillé, se demande « qu'est-ce donc qui vient au juste de sonner ? » - ainsi arrive-t-il que nous nous frottions les oreilles après coup en nous demandant, tout étonné, « qu'est-ce donc que nous avons au juste vécu ? », ou même « qui sommes-nous au juste ? » et nous essayons alors - après coup, comme je viens de le dire - de faire les comptes des 12 sons de cloche vibrant, de notre expérience, de notre vie, de notre être - hélas ! Sans trouver de résultat juste... Nous restons nécessairement étrangers à nous-mêmes, nous ne nous comprenons pas, nous ne pouvons faire autrement que de nous prendre pour autre chose que ce que nous sommes, pour nous vaut de toute éternité la formule : « chacun est à soi-même le plus lointain », - à notre propre égard nous ne sommes pas des « chercheurs de connaissance »... Nietzsche la généalogie de la morale

 

Nietzsche lettre à Erwin Rohde.
Ah que je désire la santé ! Sitôt qu'on se propose quelque chose qui doit durer plus longtemps que soi-même - comment remercie pour chaque bonne nuit, pour chaque tiède rayon de soleil, et même pour chaque digestion régulière !

Oui il est parti. Le charme de Sorrente en fleurs ne pouvait le retenir, il fallait qu'il parti. Mais il m'est affreusement pénible de le laisser ainsi voyager seul ; il est si peu pratique et sait si peu se tirer d'affaire ! Malwida à propos de Nietzsche

«J'appelle héroïsme l'état d'esprit d'un homme qui s'efforce d'atteindre un but au-delà duquel lui-même ne compte plus ; l'héroïsme, c'est la volonté absolue avec laquelle on consent à sa propre destruction. » Nietzsche

L'une des grandes originalités de la situation de Nietzsche tient donc à cette constitution de sa pensée à partir d'un terrain qui n'est pas celui de la tradition philosophique de son enseignement. Nietzsche n'est pas un technicien de l'histoire de la philosophie - les commentateurs ont eu beau jeu de signaler depuis longtemps la fragilité de sa connaissance des textes philosophiques, moderne en particulier ; mais cela même traduit pour une part l'originalité de son approche : Patrick Wotling préface aux oeuvres de Friederich Nietzsche Flammarion

A-t-on vraiment observé que, dans la profonde tension à laquelle la gestation condamne l'esprit et, au fond l'organisme tout entier, le hasard, toutes espèces d'excitation extérieur agi avec trop de véhémence, « tombe dessus » trop profondément ? On doit autant que possible éviter le hasard, l'excitation extérieure ; s'emmurer en quelque sorte fait partie de l'élémentaire sagesse instinctive, de la gestation intellectuelle. Ecce homo

Quelqu'un qui, passé sa 55e année, ne peut dire qu'il ne s'est jamais donné du mal pour les honneurs, les femmes, et l'argent. Ecce homo Nietzsche

 

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« Supposons un artiste, qui sent en lui le génie et qui s'est trouvé condamner toute sa vie un labeur manuel ; ce sentiment d'une existence perdue, d'une tâche non remplie, d'un idéal non réalisé, le poursuivra, obsédera sa sensibilité à peu près de la même manière qu'une défaillance morale. » J. M. Guyau : l'esquisse d'une morale sans obligation ni sanction

 

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Leibniz lettres à Arnauld « je ne prétends point à la gloire d'être novateur ; au contraire, je tiens que les idées les plus anciennes et les plus reçues sont les meilleures.

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L'allocentrisme est un comportement ou une forme de pensée - attitude - de type maladif. Des définitions vulgarisées de ce terme lui conférent une portée moins connotée avec un sens de dévouement à la cause collective. Néanmoins, l'allocentrisme ne saurait être associé à l'attitude d'altérité, en ce qu'il consiste plus à un entêtement plutôt que d'une démarche respectueuse d'autrui.

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M. NÉDONCELLE introduction à l'esthétique. L'aspect eschatologique de l'art  L'ambition de l'art n'est pas seulement démiurgique, elle est aussi eschatologique. Il anticipe sur un univers définitif, où il se transporte et nous transporte. S'abandonner à lui, ce n'est pas seulement laisser s'émanciper des images, c'est être en état d'attente comblée. Si une baguette magique était remise à Homère ou à Michel Ange ou à Paul Bourget, nous savons très bien l'usage qu'ils en feraient : ils toucheraient de son extrémité bêtes et gens et les métamorphoseraient jusqu'à ce qu'ils aient droit de cité dans leurs œuvres. Le monde qui en résulterait serait-il plus habitable que le nôtre ? On peut en douter, car les plus grands génies n'ont qu'une idée imparfaite de la perfection et leur baguette nous frapperait à tort et à travers. Il y aurait certainement des protestations justifiées. En outre, ils ne seraient pas d'accord :l'univers de Paul Bourget - même si Paul Bourget avait eu du génie - ne ressemblerait pas à celui des deux autres... Mais ces trois hommes ont en commun d'avoir voulu peser la Création pour voir ce qui méritait d'en rester.

Ils se sont fait une image du monde - héroïque ou bourgeoise - et l'ont exprimée à leurs risques et périls. Leurs personnages nous montrent la place qu'ils assignent éternellement aux muscles et aux pensées, aux états d'âme des rois ou à la grâce inconsciente d'une fleur. Aussi comme les fées, les artistes traversent-ils tous les siècles et déforment-ils tous les espaces. Ils sont toujours au delà de la vie quotidienne ou des avenirs calculables, bien qu'ils descendent au centre de chaque être concret. Pour créer l'individualité propre de leur œuvre, ils cherchent à rejoindre l'essence idéale de toutes choses, c'est-à-dire la perfection de leur existence. La beauté de ces essences, ils l'aperçoivent sous un biais particulier qui est la beauté de leur propre essence. bien entendu, ils n'ont pas une intuition irréformable d'eux-mêmes et
l'idée qu'ils ont de leur destination ou de leur achèvement change toujours en partie. Mais ils en ont une et elle les inspire. Ils sont en quête d'un ordre transcendant et se transportent d'un bond au terme qui d'après eux donnera un sens à leur vie et à toute vie. Ils ne voient pas Dieu mais ils entrevoient un monde en Dieu et ils entreprennent de le réaliser ici-bas.   Ce que nous venons de dire suppose qu'une œuvre ne se réduit pas à n'être qu'un objet particulier; elle baigne dans une atmosphère divine, bien qu'elle plonge ses racines dans la terre où nous sommes et dont elle ne se détache jamais complètement. Pygmalion ne façonne pas un être monstrueux, inconcevable sur notre planète, mais une femme de la même espèce que toutes les femmes. Seulement il la façonne d'après l'idéal qu'il contemple en Vénus et grâce auquel il devance ou dépasse les médiocrités de l'expérience. Pour finir la statue s'anime : une     nouvelle créature a surgi et en elle toute une race s'agite. Le prodige est à la rencontre de trois causes - le désir du sculpteur, les esquisses de la nature et la bienveillance du ciel.

1. Art et perfection. Il y a donc un lien nécessaire entre l'art et la perfection, qui, en termes esthétiques, s'appelle la beauté. Est-il superflu de proclamer qu'un tel lien existe ? Non pas. Car, depuis Kant, nous nous méfions du beau en soi ; s'il existe, la formule en est enfouie, semble-t-il, dans les secrets de Dieu, et tout à fait hors des prises de nos vérifications.  « En ces matières, »déclare Alain, « Kant a vu juste et non Platon. On peut définir le jugement esthétique, mais non le beau et cela ne revient pas au même ». Mais l'objection est aisée à réfuter et repose sur un contresens (i). Même si l'intuition des choses en soi et de leurs propriétés nous était totalement refusée, il ne s'ensuivrait pas que l'art ne soit pas un effort pour suppléer ce qui nous manque d'absolu ni qu'il puisse se donner un autre but.

En soutenant que l'artiste est un chasseur d'essences idéales, je ne prétends pas qu'il aille les chercher directement et en nombre dans je ne sais quel grenier céleste. C'est au contraire par la patiente observation des qualités sensibles qu'il est amené à découvrir et à comparer des étincelles de beauté, à deviner la courbe de perfection qui achèverait la nature. Il lui faut acquérir lentement l'expérience des sensations significatives et non pas improviser à l'étourdie ou légiférer comme s'il connaissait de science infuse les décrets généraux de Dieu le Père. Nous parlions tout à l'heure des médiocrités de l'expérience

  1. Elle simplifie en outre la pensée de Kant qui offre, nous l'avons vu, d'autres virtualités.

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Platon lettre 7 Je me fis des illusions qui n'avaient rien d'étonnant à cause de ma jeunesse. Je m'imaginais, en effet, qu'ils gouverneraient la ville en la ramenant des voies de l'injustice dans celles de la justice. Aussi observai-je anxieu sement ce qu'ils allaient faire. Or, je vis ces hommes faire regretter en peu de temps l'ancien ordre de choses comme un âge d'or.

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Dom Deschamps « plus raisonnablement, c'est messieurs auraient senti que dès qu'on n'éclaire pas tout on éclaire rien»

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Edmund Husserl « Est vrai philosophe celui qui répond à l'appel que lui adresse l'idée d'une sapientia universalis »

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La bruyère

Né le 16 août 1645

moraliste français (1645-1696). Auteur des Caractères, dont la forme est inspirée de l'ouvrage éponyme de l'écrivain de l'antiquité grecque, Théophraste. Dès sa parution, l'ouvrage connut un vif succès et valut à son auteur, protégé de Bossuet et précepteur de la famille Condé, un siège à l'Académie. La Bruyère occupe une place importante dans la lignée des moralistes français, à la suite de Montaigne et de La Rochefoucauld. Grâce à un esprit droit et un jugement d'une entière indépendance, il a su dégager de ses observations sur la société, la cour et les grands de son époque, une part de ce qu'il y a d'invariant dans la nature humaine. Au-dessus de ces portraits peints avec un grand souci du style, plane un pessimisme poignant: l'homme n'est pas fait pour le bonheur et on doit se méfier de ceux qui en font l'étalage. l'homme ne se sent pas naître, il est terrorisé à l'idée de mourir et il oublie de vivre; les enfants sont hautains, envieux et sans pitié: ils sont déjà des hommes: voilà quelques-uns des traits que lui inspire la nature humaine. On a voulu voir en lui un réformateur, un précurseur des Lumières et de la Révolution, pour sa compassion, rare à son époque, envers le peuple et la paysannerie que le sort condamne à peiner pour maintenir une noblesse qui n'a souvent de grand que le nom.

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Alain Badiou Petit panthéon portatif
Pour Louis Althusser, les questions de la pensée relevaient du combat, de la ligne de front, du rapport de forces. Le cloîtré de la rue d'Ulm ne s'accordait ni le temps de la méditation, ni celui du retrait. Il n'avait que le temps de l'intervention, circonscrit, agité, comme précipité vers un bord inéluctable. L'autre temps, infini, était, hélas, celui de la douleur.

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karl Marx
Lettre à J.-B. Schweitzer

Monsieur,

(...) J'ai reçu hier la lettre dans laquelle vous me demandez un jugement détaillé sur Proudhon. Le temps me manque pour répondre à votre désir. Et puis je n'ai sous la main aucun de ses écrits. Cependant pour vous montrer ma bonne volonté, je vous envoie, à la hâte, ces quelques notes. Vous pourrez les compléter, ajouter ou retrancher, bref en faire ce que bon vous semblera.

Je ne me souviens plus des premiers essais de Proudhon. Son travail d'écolier sur la Langue universelle témoigne du sans-gêne avec lequel il s'attaquait à des problèmes pour la solution desquels les connaissances les plus élémentaires lui faisaient défaut.

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Baruch Spinoza

Je dis que j'ai pris enfin cette résolution, parce qu'il me semblait au premier aspect qu'il y avait de l'imprudence à renoncer à des choses certaines pour un objet encore incertain. Je considérais en effet les avantages qu'on se procure par la réputation et par les richesses, et il fallait y renoncer, si je voulais m'occuper sérieusement d'une autre recherche. Baruch Spinoza

 

 

L'autodidacte

Michel Biron
Portrait de l’écrivain en autodidacte

L’autodidacte entretient en outre un rapport hétérodoxe à la culture et au savoir, puisque sa formation ne ressemble pas à celle des autres et a donc quelque chose de composite et d’unique. Là encore toutefois, il est possible de saisir une attitude générale, fondée à la fois sur un immense appétit de connaissances et sur l’aspect désordonné de celles-ci :

La « boulimie » culturelle de l’autodidacte est une caractéristique presque toujours associée par les autodidactes eux-mêmes à l’« anarchie » culturelle, qui ne saurait se confondre avec l’érudition du lettré qui a « appris à apprendre ». Elle est décrite comme une accumulation désordonnée de savoirs disparates et de lectures « ambitieuses ». (Poliak, p. 173, 174)

Cette rage de lire concerne au premier chef la culture générale, qui est hautement valorisée par le système scolaire face auquel l’autodidacte espère toujours réduire le décalage qu’il ressent comme une marque d’infériorité. La littérature, la philosophie ou les sciences humaines constituent son gibier le plus naturel (les lectures « scientifiques » n’étant pas à la portée de cet éternel amateur qu’est l’autodidacte).

Réciproquement, l’autodidacte constitue une figure de prédilection pour l’écrivain. Sa nature incertaine et hybride, son désir d’ascension sociale et son potentiel dramatique font de lui un personnage typique par lequel l’écrivain est amené à projeter un peu de lui-même — l’écrivain étant, par définition, un être qui a appris son métier et trouvé ses maîtres en dehors de l’école. Mais si tout écrivain est toujours à quelque degré un autodidacte, y compris lorsqu’il passe par les ateliers de création littéraire particulièrement en vogue en Amérique du Nord, il existe d’importantes nuances.

{...}

L’Autodidacte n’a pas de nom propre, donc pas d’identité : c’est un type, comme l’atteste la majuscule au début du mot. Il rêve de se conformer à un idéal bourgeois et s’imagine, une fois sa « formation » terminée, une fois son ascension sociale complétée, faisant partie de l’élite et voyageant en compagnie de ses semblables. La culture qu’il n’a pas reçue en héritage, par sa famille ou par l’école, il veut l’obtenir par le travail et par la bonne volonté. Mais cette culture acquise à force de discipline individuelle ne suffit pas à lui donner une personnalité, car elle demeure une pâle copie de celle des autres.

{...}

J’étais l’autodidacte exemplaire. J’aurai toujours une grande admiration pour les écrivains et les intellectuels autodidactes, et une certaine méfiance, fondée sur un sentiment d’insécurité, vis-à-vis des universitaires. Je ne serai jamais rassuré. Toujours il me semblera que mes bases sont fragiles et qu’un jour tous mes mécanismes intellectuels se dérègleront. Cela ira si loin que dès que je prendrai la plume pour écrire, je me sentirai quelque peu coupable. Je me demanderai souvent si tout mon travail n’est pas de l’imposture. Comme si j’avais volé, tel Prométhée, un feu secret qui ne m’était pas dû. Assurément qu’un jour je serais démasqué et que l’imposteur serait réduit au silence. C’est avec ce sentiment de ma propre fragilité que je devrai m’arracher chaque vers et chaque ligne d’écriture. (p. 27)

{...}

Gaston Miron, par exemple, se décrit à son ami français Claude Haeffely en dressant la liste des auteurs classiques qu’il n’a pas lus :

Moi qui extérieurement parais avoir une culture littéraire, n’ai jamais lu de ma vie : aucun Grec, aucun latin, ni Rabelais, ni Montaigne, ni Montesquieu, pas un classique français, aucun Racine, sauf Athalie, aucun Corneille, sauf Polyeucte, pas du tout Pascal, La Bruyère, Buffon, Bossuet, Fénelon, ni Diderot ni les Encyclopédistes, pas Chateaubriand, ni Hugo, à quelques vers près, à l’école, jamais un Balzac, pas un seul Stendhal, Flaubert, Maupassant, Bloy, Zola, Gide, Bernanos, Sartre, Camus (sauf la Peste, par hasard), pas un seul livre de ces auteurs, ni des autres. (p. 129)

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Test de personnalité de psychologies

Etes vous un vrai gentil ?

Vous êtes gentil par faiblesse

Sensible, empathique, vous vibrez à l’unisson avec votre entourage, que vous savez décrypter sans qu’un mot soit échangé. Vous êtes de ceux que l’on qualifie spontanément de gentils et de serviables, car toujours prêt à proposer vos services. Mais, revers de la médaille, votre hyper-empathie frôle parfois la soumission. Trop dépendant du regard d’autrui, vous avez tendance à fuir toutes les situations potentiellement conflictuelles. Si l’on forçait le trait, on pourrait dire que vous êtes gentil tant que cela ne vous engage pas trop. Prendre la défense de quelqu’un contre le groupe, très peu pour vous. Cette difficulté à incarner des convictions ou à résister aux influences dominantes peut trouver sa source dans une éducation autoritaire. Quand la parole de l’enfant n’est ni entendue ni respectée, l’estime de soi ne peut se construire. D’où la propension, plus tard, à faire le dos rond pour se protéger.

Développez votre sécurité intérieure. Une bonne estime de soi permet d’assurer une certaine sécurité intérieure. En distribuant, à tous et en abondance, vos services, attentions et compliments, vous bradez votre gentillesse et abîmez votre estime de soi. Pourquoi ne pas essayer plutôt d’être aimable avec tous et vraiment généreux avec ceux qui vous semblent le mériter le plus ? En sélectionnant, vous vous engagez, et votre générosité retrouve

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Miguel de Unamuno

Pascal croyait-il? Il voulait croire. Et la volonté de croire, le will to believe, comme a dit William James, un autre probabiliste, est l’unique foi possible chez un homme qui a l’intelligence des mathématiques, une raison claire et le sens de l’objectivité.

Pascal se soulevait contre les preuves rationnelles, aristotéliques, de l’existence de Dieu (242), et faisait remarquer que « jamais auteur canonique ne s’est servi de la nature pour prouver Dieu » (243); quant aux trois moyens de croire qu’il signalait, la raison, la coutume et l’inspiration (245), il suffit de le lire en ayant l’esprit libre de préjugés pour sentir que lui, Pascal, n’a pas cru avec la raison, n’a jamais pu, quoique le voulant, arriver à croire avec la raison, ne s’est jamais convaincu de ce dont il était persuadé. Et ce fut là sa tragédie intime. Et il a cherché son salut dans un scepticisme qu’il aimait, contre un dogmatisme intime qu’il souffrait.

Dans les canons du Concile du Vatican, le premier texte qui fut dogmatiquement déclaré infaillible, l’anathème est lancé contre celui qui nie qu’on puisse démontrer rationnellement, scientifiquement (2) l’existence de Dieu, quand bien même celui qui le nie croit en Dieu. Cet anathème n’aurait-il pas atteint Pascal? On peut dire que Pascal, comme tant d’autres, ne croyait peut-être pas que Dieu ex-iste, mais qu’il in-siste, qu’il le cherchait dans le cœur, qu’il n’en eut pas besoin pour son expérience sur le vide, ni pour ses travaux scientifiques, et qu’il en avait besoin pour ne pas se sentir, faute de Lui, anéanti.

La vie intime de Pascal apparaît à nos yeux comme une tragédie. Tragédie qui peut se résumer dans ces mots de l’Évangile : « Je crois, aide mon incrédulité » (Marc, IX, 23). Ce qui, évidemment, n’est pas proprement croire, mais vouloir croire.

La vérité dont nous parle Pascal, quand il parle de « connaissance de cœur », ce n’est pas la vérité rationnelle, objective, ce n’est pas la réalité. Et il le savait. Tout son effort tendit à créer, sur le monde naturel, un autre monde, surnaturel; mais était-il convaincu de la réalité objective de cette surnature? Convaicu, non! Persuadé, peut-être. Et il se sermonnait lui-même.

Quelle différence y a-t-il entre cette position et celle des pyrrhoniens, de ces pyrrhoniens qu’il a tant combattus parce qu’il se sentait intimement pyrrhonien lui-même? Il y a celle-ci, que Pascal ne se résignait pas, ne se soumettait pas au doute, à la négation, à la scepsis, qu’il avait besoin du dogme et le cherchait en s’abêtissant. Et sa logique n’était pas une dialectique, mais une polémique; il ne cherchait pas une synthèse entre la thèse et l’antithèse; il restait, comme Proudhon, un autre pascalien à sa manière, dans la contradiction. « Rien ne nous plaît que le combat, mais non pas la victoire » (135). Il craignait la victoire, qui pouvait être celle de sa raison sur sa foi. « La plus cruelle guerre que Dieu puisse faire aux hommes en cette vie est de les laisser sans cette guerre qu’il est venu apporter » (498). Il craignait la paix, et pour cause! Il craignait de se rencontrer avec la nature, qui est la raison.

Mais en un homme, en un homme véritable et complet, en un être rationnel qui a conscience de sa raison, la foi existe-t-elle qui reconnaît la possibilité de démontrer rationnellement l’existence de Dieu? Le troisième degré de l’obéissance selon Ignace de Loyola est-il possible? On peut répondre : sans la grâce, non. Et qu’est-ce que la grâce? Une autre tragique échappatoire.

Quand Pascal s’agenouillait pour prier l’Etre Suprême et sans parties (233), il lui demandait la soumission de sa propre raison. S’est-il soumis? Il a voulu se soumettre. Et il n’a trouvé le repos qu’avec la mort et dans la mort. Et aujourd’hui il vit en ceux qui, comme nous, ont touché son âme toute nue avec la nudité de leur âme.

Salamanque, février 1923.

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Platon lui, est plus précis encore. Indéfiniment, il s'en prend aux dangers moraux liés à l'enseignement de la rhétorique ou d'une prétendue vertu politique. Il s'en prend à Protagoras, à Gorgias, a Trasymaque. Discussions entre philosophes, dira-t-on ? Mais Platon ne discute pas avec la même obstination les autres philosophes, Héraclite ou Démocrite, Empédocle ou Diogène : il est clair qu'il réserve sa critique pour ceux qu'il juge responsables de la crise des valeurs morales et du rejet de toute transcendance.Jacqueline de Romilly les grands sophistes dans l'Athènes de Périclès

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Lu Xun a observé (dans un autre contexte) que chaque fois qu'un génie original se manifeste en ce monde, les gens s'efforcent aussitôt de s'en débarrasser. À cette fin, ils usent généralement de deux méthodes : la première, c'est la suppression pure et simple - on isole le personnage en question, on l'entoure d'un mur de silence, on l'enterre vivant. Si ces manoeuvres restent sans effet, on passe à la seconde méthode, bien plus radicale et redoutable, la glorification : on hisse les victimes sur un piédestal, on l'encense, et on en fait un dieu (Simon Leys). Nous pouvons ajouter à cela une troisième option : la décrédibilisation. On exhume d'infimes petites fautes placées sous une loupe pour faire diversion.

Aucune de ces trois stratégies ne tient avec le temps.

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Heidegger était entré dans des sphères ou presque personne ne pouvait le suivre et où il avait perçu des choses de la plus grande importance. Antonia Grunenberg. Annah Arendt et Martin Heidegger, histoire d'un amour.

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Maxence Van Der Meersch. La fille pauvre, le péché du monde.

Nous vivions comme tous les autres, dans la saleté et la brutalité. On n'a pas le temps, on est las. On casse ce qui résiste, on allume le poêle avec une lampe de pétrole, on enfonce les bouchons dans les bouteilles où l'on casse les goulots. Une boîte de sardines un peu dure, on la mettait en pièce à la tenaille, on l'arrachait. Et l'on épongeait l'huile tout autour, avec une croûte..

Chez nous mon père lisait son journal [...]. Ma mère et lui se battait quelquefois. Je pleurais, je les séparais en vain. [...]
(maman) nous piétinant dans des crises de fureur, avant que j'eusse compris pourquoi. Criarde ; elle se vantait volontiers, mais avait peur de mon père, sans l'avouer. Et il y a ainsi souvent, chez ceux qui frappent leurs enfants, plus de lâcheté qu'on ne le pense. Je me suis étonné parfois, plus tard, de voir cette femme, terrible pour nous, trembler devant d'autres, et se faire plus humble encore que moi.

Je ne compris jamais rien à l'école. J'arrivais là sachant tout juste lire, dans une classe où l'on parlait grammaire, où l'on appliquait la règle du participe, et les calculs de décimales. [...] je ne me suis jamais rendu compte qu'il put y avoir le moindre lien entre le langage que nous parlions et ses conjugaisons, ces règles d'accord que mes camarades débités. J'étais perdu tout à la queue, avec sept ou huit misérables de mon espèce, abandonné par une institutrice qui ne pouvait rien pour nous et qui devait se dire, au fond, que ça n'avait pas d'importance.

Et j'ai commencé là à me croire stupide, et accepter une existence inférieure et de soumission. Il en est resté quelque chose, une défiance, une crainte excessive de moi-même, un manque d'assurance et d'aisance qui ne s'effaceront jamais.

Hegel

Un grand homme condamne les humains à l’expliquer.

Holderlin

Lorsque j'étais un enfant,
Un dieu souvent m'a sauvé
Des cris et de la cravache des hommes,
Je jouais, alors, sûr et bon,
Avec les fleurs du bois,
Et les brises du ciel
Jouaient avec moi.

 

Benoist-Méchin, à propos de Rilke

En l'arrachant ainsi au silence, il me semblait que je lui faisais du tort, que je commettais envers lui une cruauté inutile. Je sentais qu'il souffrait de chacune de mes paroles, comme ces plantes dont la merveilleuse délicatesse épanouit ou rétracte les feuilles suivant les nuances les plus imperceptibles de la lumière ou de l'ombre.

 

Rainer Maria, Rilke

Car je ne connaissais pas encore la gloire, cette démolition publique d'un qui devient et dans le chantier duquel la foule fait irruption en deplaçant les pierres.

Jeune homme quelque part en qui monte je ne sais quoi qui te fait frémir, profite de ton obscurité. Et si te contredisent ceux qui font fi de toi, et si t’abandonnent tout à fait ceux avec qui tu fréquentais, et s’ils veulent t’extirper, à cause de ta chère pensée, qu’importe ce danger visible qui te concentre en toi-même auprès de la maligne hostilité, plus tard, de la gloire – qui te rend inoffensif en t’épandant.
Ne demande à personne de parler de toi, même pas avec dédain. Et si le temps passe et que tu t’aperçoives que ton nom circule parmi les hommes, n’en fais pas plus de cas que de tout ce que tu trouves dans leur bouche. Pense qu’il est devenu mauvais, et rejette-le. Prends-en un autre, n’importe lequel, pour que Dieu puisse t’appeler en pleine nuit. Et tiens-le secret à tous.

Les cahiers de M.L.Brigge.

 

 

 

 

Pour en savoir un peu plus sur l'auteur, pour un petit historique de la pensée tonizzienne, et pour un survol rapide de la théorie

 

 

 

 

 

 

Vers la préface >

Tire ainsi tes flèches si tu veux devenir une lumière pour les hommes. Homère

 

"ce qui distingue celui qui a fait des études de l'autodidacte, ce n'est pas l'ampleur de ses connaissances, mais des degrés différents de vitalité et de confiance en soi." Kundera

 

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