EDITH STEIN
Béatitude,
nirvana, extase.
Il existe un état de repos en Dieu, de totale suspension
de toute activité de l’esprit, dans lequel on ne peut
plus tracer de plans, ni prendre de décisions et même
faire quoi que ce soit, mais dans lequel, après avoir confié
tout son avenir à la volonté divine, on s’abandonne
à son propre destin. Moi, j’ai éprouvé
dans une certaine mesure cet état, à la suite d’une
expérience qui, dépassant mes forces, consuma totalement
mes énergies spirituelles et m’enleva toute possibilité
d’action. Le repos en Dieu, comparé à l’arrêt
de toute activité, faute d’élan vital, est quelque
chose de complètement nouveau et irréductible. Avant,
c’était le silence de la mort. A sa place apparaît
un sens de confiance profonde, de libération de tout ce qui
est préoccupation, obligation, responsabilité par
rapport à l’action. Et pendant que je m’abandonne
à ce sentiment, une vie nouvelle commence peu à peu
à me combler et, sans aucune contrainte de ma volonté,
à me pousser vers de nouvelles réalisations. Cet afflux
vital semble jaillir d’une activité et d’une
force qui n’est pas la mienne et qui, sans faire aucune violence
à la mienne, devient active en moi. La seule premisse nécessaire
à une telle renaissance spirituelle semble être cette
capacité passive d’accueil qui se trouve au fond de
la structure de la personne .
Quelques routes vers d'autres extraits relatifs à la béatitude, au nirvana, à l'extase : Althusser, Averroès, Épicure, Janet, Kant, Pic de la Mirandole, Rogue, Sankara, Sikhs, Van Ruysbroeck, Spinoza,
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