philosophie naïve du devenir humain

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Animal homme
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Introduction
De l'inquiétude à la quiétude
De la magie à la science
La science n'est pas la fin
Conclusion
 

Humanity is destined to achieve perfection.
L'humanité est vouée à atteindre sa perfection

Tout est magie, ou rien. Novalis

De la magie à la science

L'univers est rempli de magie et il attend patiemment que notre intelligence s'affine. Eden Phillpotts.

C royez-vous que les sciences auraient pu jamais se développer et grandir, si elles n'avaient eu pour avant-garde les magiciens, les alchimistes, les astrologues et les sorciers dont les promesses et les mirages devaient d'abord susciter la soif, la faim, l'agréable avant-goût des puissances cachées et interdites ? Ne voyez-vous pas qu'il a fallu que fut promis infiniment plus qu'il ne pouvait jamais être accompli, pour que seulement quelque chose pût s'accomplir dans le domaine de la connaissance ? Nietzsche, le gai savoir 1882

A partir du moment où l'homme a commencé à se poser des QUESTIONS MÉTAPHYSIQUES, autrement dit des « questions philosophiques insolubles » (qu'est-ce qui anime le monde ? qui y a t-il après la mort, etc.), il s'est créé une nouvelle souffrance, que l'on pourrait qualifier d'EXISTENTIELLE.

La SOUFFRANCE, et ses inverses ( le PLAISIR, le BONHEUR), sont des guides de l'évolution.

L'homme, mais c'est également valable pour toutes les formes vivantes, FUIT la souffrance et recherche le bonheur.

Cette nouvelle souffrance liée aux questionnements a donc exigé des soins.

Pour soigner un questionnement anxiogène, le seul moyen c'est d'y apporter une réponse cohérente et rassurante.

Cela nous permet de distinguer la merveilleuse intelligence de la création et de l'évolution.

En effet, la configuration psychique et sociale de l'humain, fait qu'aucun barrage ne peut empêcher la montée de ces questions anxiogènes et qu'aucune réponse incohérente ne peut les satisfaire …

Autrement dit l'homme doit chercher, il n'a pas le droit de se leurrer, il doit chercher encore est encore jusqu'à trouver la réponse qui le mettra définitivement en paix.

C'est ce que l'humanité a toujours fait. Face à ces problèmes existentiels, L'HOMME s'est toujours débrouillée pour fournir les meilleures réponses proportionnellement aux connaissances du moment.

La science sans religion est boiteuse, la religion sans science est aveugle. Einstein Les DIEUX, puis DIEU, L'UNIVERS, le MONDE, L'AU-DELÀ, le FINI, l'INFINI, le TEMPS, la MATIÈRE etc., ont été progressivement découvert par l'esprit humain Ces grandes notions, ces grandes valeurs, sont fondamentales pour résoudre nos énigmes. Elles se sont sans cesse affinées au cours des temps.

Tout d'abord, les explications furent MAGIQUES, POÉTIQUES et IMAGEES comme on peut le rencontrer dans les cosmogonies animistes par exemple.

Dans l'Égypte ancienne à l'origine de la création il y a le Noun, sorte de fluide primordial (Jean Paul Mbelek). Dans les cosmogonies africaines notre origine est le fruit d'une mythologie extraordinaire dans laquelle on retrouve des puissances de bonté, des animaux, le souffle, la terre, etc. La mort, ouvre sur le monde des esprits, le monde des ancêtres et se retrouve en pleine liaison avec la nature, et l'apparition de l'homme est le fruit d'un acte créateur. (Avec de la glaise, le dieu unique fabrique un corps de femme, allongé face au ciel. Une fourmilière est son sexe, une termitière son clitoris. Cosmogonie dogon)

A leur façon, les grandes religions ont encore affiné ces réponses. Elles ont commencé à essayer de les rationaliser.

Aujourd'hui, lorsqu'on compare les grandes métaphores religieuses aux découvertes scientifiques, on peut mesurer leur spectaculaire beauté et toute leur pertinence.

Seulement, même si ces intuitions qui collaient tout à fait à l'esprit de l'époque, parviennent parfaitement être emboîté, par un esprit spirituel, dans les propositions SCIENTIFIQUES actuelles, à un moment donné de l'évolution humaine, la forme MÉTAPHORIQUE ne pouvait plus convenir à la CONSCIENCE de la SCIENCE RATIONNELLE.

La philosophie et la science, ont donc pris le relais.

 

Croyances scientifiques

La Science ne peut prouver que Dieu n'existe pas, car il y a quelque chose qui lui échappe par nature. Kant

Les représentations du MONDE ou du DIVIN, proposées par l'homme au cours de son évolution, ont ainsi baigné dans divers climats, en fonction des époques.

Ambiance SUPERSTITIEUSE, MYTHIQUE, SYMBOLIQUE, RELIGIEUSE, PHILOSOPHIQUE ou SCIENTIFIQUE.

Depuis plus d'un siècle, dans le MONDE INDUSTRIALISÉ, la vision scientifique s'est saisie en quelque sorte, du monopole des explications, avec parfois, la ferme conviction de détenir la VÉRITÉ.

Mais “vérité en deçà des Pyrenees, fausseté au-dela”, comme l'écrit Montaigne… et si le monde scientifique peut effectivement avoir le monopole de la vérité EN DEÇÀ DU MONDE TRANSCENDANTAL ( autrement dit dans LE MONDE PHÉNOMÉNAL), ce n'est pas pour cela, qu'il détient la vérité au-delà.

Lorsque la SCIENCE, ou la PHILOSOPHIE, propose avec assurance la supériorité du HASARD sur la DESTINÉE, elle impose ni plus ni moins sa CROYANCE, car personne aujourd'hui ne peut affirmer que le monde se construit grâce aux HASARD ni personne ne peut affirmer qu'il se construit en suivant une DESTINÉE (C'est la même lorsque la science ou la philosophie donne à penser l'inexistence de Dieu, l'irréalité de l'au-delà, l'absence d'autres réalités que celle du monde phénoménal, elles ne font qu'émettre une CROYANCE, contestable comme toutes les autres croyances).

Du simple point de vue de la LOGIQUE d'ailleurs, cette CROYANCE que l'on pourrait qualifier de «RATIONALISME DOGMATIQUE» semble même beaucoup plus contestable que les croyances spirituelles.

Le simple fait que le mécanisme à l'origine de l'univers, soit capable de dissimuler aux plus grands SCIENTIFIQUES les secrets de sa fabrication malgré l'énergie mises en oeuvre par la pensée humaine pour le percer, milite plus en faveur de l'existence d'une PUISSANCE SUPÉRIEURE que l'inverse.

 

Des positions dominantes

Dans la plupart des domaines, le développement humain utilise bien souvent le jeu primaire et inconscient du dominant et du prétendant pour évoluer.

Quand la religion était dans une position de toute-puissance, elle imposait ses dogmes et ne supportait pas d'être contesté. Les SCIENTIFIQUES devaient faire coïncider leurs recherches avec LES GRANDS LIVRES SACRÉS s'ils voulaient garder saine et sauve, leur existence.

Même si les conséquences de « L'AUTOCRATIE SCIENTIFIQUE » moderne n'a plus rien à voir avec l'autocratie religieuse, la SCIENCE (comme la religion à son époque), a du vivre elle aussi, une période autocratique, dont nous commençons à peine, semble-t-il, à sortir.

En effet, depuis quelques décennies, les pressions semble s'être largement relâchées et le milieu scientifique s'ouvre de plus en plus aux autres disciplines de la pensée (philosophie, religion, et même l'ésotérisme).

Un nouvel axe de réflexion, beaucoup plus tolérant et cosmopolite, semble vouloir s'intéresser à nos « vieilles questions métaphysiques ».

 

Science, philosophie, religion

 

La vérité ne se livre pas aux violents qui prétendent la ravir, mais à ceux qui l'attendent avec respect et s'y abandonnent Emerson Chacune à leur tour, les MYTHOLOGIES, les RELIGIONS, les PHILOSOPHIES et les SCIENCES, ont fourni des explications aux grandes questions métaphysiques, et la rigueur scientifique a prodigieusement accéléré le développement de la connaissance humaine.

Entre les cosmogonies primitives et la PHYSIQUE QUANTIQUE, entre l'idée d'ATOME imaginé par Démocrite et le quarks, notre CONSCIENCE du monde à évoluer vers la rationalité.

Si l'on étudiait l'histoire des réponses apportées aux grandes questions métaphysiques, nous pourrions remarquer une courbe ascendante de L'INTUITION vers la RAISON, de L'INSPIRATION vers le PRAGMATISME, de la MAGIE vers la SCIENCE.

Cette évolution du MAGIQUE vers le SCIENTIFIQUE, nous donne le sentiment de monter toujours plus vers la vérité.

C'est ce que pense semble-t-il, une grande partie du monde scientifique et philosophique (au moins ceux qui placent, comme Auguste Comte, la science comme fin dernière de la connaissance).

À mon sens, ils ont en partie raison, mais en partie seulement !

Nous ne sommes savants que de la science présente. Montaigne Les explications du monde, en évoluant, s'approche effectivement toujours plus de la VÉRITÉ. Mais il s'agit de la VÉRITÉ PHÉNOMÉNOLOGIQUE, la vérité théorique, vue de l'extérieur et de manière analytique.

Cet angle extérieur, pour nécessaire et constructif qu'il soit, n'est pas la vérité elle-même, il n'est que l'image de la vérité.

Car, pas plus que l'analyse de la souffrance n'est la souffrance ressentie, l'analyse de la matière n'est pas la vérité de la matière, pas plus que l'analyse du divin n'est la vérité du divin vécu.

Même si l'homme découvre dans le futur, la formule mathématique du PRINCIPE CRÉATEUR autrement dit la formule mathématique du DIVIN, cette formule ne remplacera jamais la sensation ressentie par un être humain qui serait au contact ABSOLU de ce principe créateur. Dit d'une autre manière, l'explication théorique de DIEU ne remplacera jamais l'AMOUR ressenti par un moine en extase (donc par un moine ayant établi un contact avec la nature intime de cette « formule mathématique »).

Seul en effet un contact intime avec le divin, permet d'accéder de façon sensitive à la Vérité absolue, toutes autres vérités étant relatives.

Par contre, toutes les vérités relatives que découvrent progressivement les sciences dites exactes, ont une importance majeure pour l'évolution humaine et sa finalité (dont nous disons ici qu'elle est extatique). Ces découvertes permettent en effet de réduire progressivement le taux global de l'inquiétude de l'humanité.

Cette réduction des inquiétudes amplifie son contraire, c'est-à-dire la quiétude, une des valeurs majeures pour accéder à la béatitude autrement dite au contact direct avec la grande Vérité.

 

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Comment être heureux si l'on ne sait ni ce que l'on est, ni ce qu'est le monde ? Encyclopédie des religions Bayard éditions.

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