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    la maîtrise du comportement

Des régressions ponctuelles

Évolution et régression.

De la conscience humaine

Péniblement et à travers de multiples obstacles, notre espèce chemine vers sa perfection. C'est du moins la thèse soutenue par ce site. Nous évoluons globalement vers notre épanouissement, mais cela n'empêche pas l'humanité de subir certaines phases de « régression* ».

* Ou tout au moins, des moments se donnant à vivre comme tel.

Les terribles années de guerre ayant constellé le XXe siècle en sont un exemple. Et les horreurs du XXe siècle sont le simple dépliage des horreurs des siècles précédents.

Malgré les progrès considérables de notre conscience, la violence humaine semble ne jamais vouloir courber le dos. Nos leaders se disent évolués et sages et n'hésitent pas à plonger le monde dans le chaos. Plus fous que les dieux grecs, ils font commettre des crimes pour augmenter leur compte en banque

Ces monstruosités, commises dans ces périodes de reflux, parviennent à vider momentanément l'humanité de son sens.

Quand cela s'arrêtera-t-il ?

Toute évolution comporte naturellement des phases de replis, de stagnation et d'accélération. Ou plus précisément, des phases se donnant à interpréter comme telles.

Jusqu'a présent ces épisodes violents ont été nécessaires à l'évolution.

Ils sont un des éléments constitutifs de la société. Comme la crise d'adolescence pour le développement de la personnalité adulte. "Je progresserai d'autant mieux que vous m'autorisez à régresser" écrit Bruno Bettelheim.

Ces grands retraits vers la violence éclairent tout simplement les faiblesses diplomatiques de nos sociétés.

  • Elles peuvent naître d'une accumulation de frustrations et d'injustices. C'est le cas des révoltes et des révolutions.
    D'une tentative d'imposer des valeurs trop avant-gardistes (l'égalité communiste).
    D'un retour des dominants primaires (oligarchie, autocratie, dictature). Ou bien, s'insinuer dans les moments transitoires de la société. Le passage du religieux au laïque, du national au continental etc.

Depuis les années 90 l'Occident semble enclenché dans une de ces périodes de reculade.

Dans certains domaines (sociale, morale etc.) les régressions sont flagrantes. Elles sont repérables mais ponctuelles et ont un sens. Elles collaborent par le négatif à l'évolution de l'humanité vers son unité et son rassemblement.

 

L'aventure humaine

L'évolution de l'humanité

gagarineVers l'union universelle

Si nous observons attentivement l'évolution humaine, nous pouvons facilement déchiffrer sa progression vers une unification. Nous sommes passés du clan à la tribu. De la tribu à la cité. De la cité au pays. Du pays à la nation. Et à présent, de la nation au concert des nations.

Après avoir colonisé la plupart des espaces terrestres, l'homme à entrepris un vaste mouvement de rassemblement.
En quelques milliers d'années, l'humanité est parvenu aux portes de sa réunification.

Nous sommes aujourd'hui en vue de notre fonctionnement commun universel.

L'armature matérielle de notre universalité a déjà été conçue par l'homme. C'est l'ONU et ses divers départements. Ils englobent l'ensemble des activités humaines. Éducation, agriculture, bancaire, transport, science, culture, énergie, art, commerce, justice ont déjà leurs structures universelles.

L'étape continentale

Mais l'unité globale, semble-t-il, est pour plus tard. Il faut préalablement franchir une étape intermédiaire. L'étape du continental.

C'est pourquoi, tout en travaillant aux structures de l'ONU, l'homme travaille également à l'UE, l'OUA l'ASEAN l'ALENA ...

L'Europe (et c'est très symbolique) fait office de maître d'oeuvre dans la phase d'union continentale. Les crises successives permettent de mesurer toutes les difficultés de l'esprit humain pour changer d'habitude. Nous pouvons également calculer la véritable allure de l'évolution de l'humanité. Ce regard nous enjoint à la sagesse. On ne peut accélérer le processus de façon inconsciente. Les résistances servent de sas de décompression.

 

 

Sous la loi du marché.

L'inconscient à la manoeuvre

villa arpel, tatiDe la morale à la loi

"Ma philosophie ne m'a rien rapporté, mais elle m'a beaucoup épargné". Arthur Schopenhauer

La planétarisation des affaires techniques, politiques, juridiques et sociales inclut également la laïcisation progressive des morales religieuses.

Laïciser les interdits est un préalable pour qu'émerge un droit humain universel. De cette sécularisation sortira une éthique universelle convenant à l'ensemble des communautés.

Les inévitables aléas de l'évolution

Tout changement d'organisation, de régime, de structures engendre des problèmes. Toute nouvelle mise en route génère des quantités d'obstacles imprévus.

La plupart du temps, l'évolution humaine se produit de façon intuitive. Aucune loi divine n'a obligé le monde grec à réunir plusieurs villages pour fonctionner en cité. Aucun plan tombé du ciel n'a poussé ces cités à se regrouper pour former un pays …

Cette universalisation graduelle s'est déroulée hors de notre volonté consciente. Elle se construit grâce aux forces de l'intuition humaine, mais sans doute pas seulement. Une telle progression résolue et sans faille vers l'unité donne le sentiment d'un ordre établi. "Un plan déterminé de la nature", pour reprendre la formule de Kant.

De tout temps (et aujourd'hui encore) l'évolution humaine a été le fruit d'un besoin instinctif.

Issue de l'inconscient, elle ne peut éviter les excès.

Une évolution consciente

Curieusement, dans les médias, les conversations sur le sens de l'évolution humaine semblent tabou. On entend parler de mondialisation, mais jamais de son sens.

Sans doute l'homme a-t-il encore besoin de cette inconscience pour utiliser pleinement son énergie. Mais cela ne nous empêche pas de rêver.

Nous pouvons toujours nous demander ce qu'aurait donné une mondialisation véritablement consciente. Elle aurait sans doute montré aux religions l'intérêt de s'associer pour participer à son bon déroulement. Malheureusement, l'inconscient a fait l'inverse. Il a maintenue les divers pouvoirs religieux dans un état d'hostilité, de compétition, et finalement d'impuissance. Marginalisé par le marché, elles n'ont pas pu s'opposer aux ravages éducatifs, écologiques et spirituels, engendrés par la marchandisation à outrance.

Une pleine conscience de notre destinée commune aurait fourni des loupes aux intellectuels, aux médias, aux politiquesn donc des méthodes pour maîtriser un marché instinctivement corrupteur. Mais l'inconscience, à quelques exceptions près, les a attirés dans son escarcelle vorace.

 

La grande marche

En route vers l'unité

gurskyL'évolution humaine n'a pas d'états d'âme

Mais il en faut beaucoup plus pour arrêter l'évolution humaine. La grande aventure de l'homme vers son unité ne s'embarrasse d'aucun obstacle. Elle contourne les barrages et les écrase, s'il le faut, pour passer.

Les religions étant incapables de prendre en main la mondialisation par l'esprit, le marché s'en est chargé. Il l'a fait autour de ses valeurs légères (buziness, argent, mode, voyage, shopping, plaisir, etc.)

Quand les médias se désintéressent de la démocratie et du peuple*, artistes et citoyens les remplacent (Internet, les enfants de Don Quichotte, ect.).

* Par collusion, peur, corruption, népotisme ou embourgeoisement.

La fatalité de l'évolution inconsciente

Que pouvons-nous donc retirer de tout cela ? Quand il n'est pas encore temps d'évoluer de façon conscience, l'inconscience s'en charge. Et évidemment l'inconscience entraîne son lot d'inconvénients :

  • Lorsqu'un homme politique succombe aux sirènes du marché, il s'accroche des chaînes aux pieds. Il dévalue le sens de sa mission.
  • Quand des pouvoirs, victimes de leur narcissisme, anéantissent tout contre-pouvoirs ils payent le retour du boomerang. Quand par manipulation ils accèdent à la toute-puissance, ils payent le prix fort de cette toute-puissance.
  • Lorsqu'un journaliste préfère « la cour des grands » à son éthique, il pervertit son engagement. Il corrompt le sens essentiel de son existence et, par là même, son existence.
  • Quand un penseur détourne la tête des souffrances du peuple, il abuse sa conscience et sa postérité.

On est ce que l'on crée

La vie, par le jeu des bonnes et mauvaises consciences, nous indique la meilleure route à suivre. Elle nous couvre de remords, de culpabilité et de regrets lorsqu'on ignore son langage.

La crise actuelle de la société résulte de la prise en main du système des valeurs par le marché. Autrefois, ce système était géré par le spirituel et le philosophique.

Les excès du marché

Les « valeurs » proposées par le système marchand, n'en sont pas. Compétition féroce, agressivité commerciale, compulsivité, narcissisme, esprit de clan, sexy permanent ... sont en réalité des pulsions primaires.

Elles tirent leurs origines des instincts naturels.

La logique réclamerait donc de l'homme qu'il fasse régresser ces « pulsions naturelles ».

Un marché immodéré

Ces pulsions sont vitales pour l'humanité. Elles sont un des grands moteurs de l'activité humaine. La compétition, la sexualité, la consommation sont de très bonnes choses quand elles sont humanisées. Il nous faut écouter la sagesse populaire sur ce sujet. « Nous ne devons pas vivre pour manger mais manger pour vivre ». De la même façon, on ne doit pas vivre pour consommer, mais consommer pour vivre.

Il me semble donc nécessaire qu'il y ait à côté du marché des modérateurs.

Aujourd'hui, sous l'influence du marché, nous devons vénérer des pulsions combattues par l'humanité depuis des millénaires. Nous devons placer, au sommet de nos valeurs, l'égoïsme, le narcissisme, l'argent, le jeu, l'apparence, la vénalité ... Des pulsions incapables au final de donner du sens à l'existence d'un homme.

L'évolution ne se trompe pas

Oui, mais voilà, il n'y a pas de hasard dans l'humanité.

Si le marché s'est imposé pour la mise en route de la mondialisation, ce n'est pas pour rien. C'est parce qu'il était le plus apte à le faire.

  • Les dirigeants politiques sont encore incapables de s'entendre autour d'une idéologie type et convenant à tous.
  • Les responsables religieux n'ont pas les moyens d'imaginer une spiritualité universelle et englobante. Une spiritualité derrière laquelle l'ensemble humain pourrait se raccorder.

Aujourd'hui les choses n'ont guère bougé de ce côté-là. Ni les politiques ni les religieux, n'ont les qualités nécessaires pour prendre la relève de la mondialisation. Ils* sont trop loin de leur fondement pour entraîner l'humanité vers l'unité et la symbiose. Tous, sont encore contraints d'agir au nom de leur peuple, de leur nation ou de leur communauté.

* Les chefs religieux

Mais ce n'est qu'une étape.

L'absurdité engendrée par le libéralisme forcené construit la matière pour l'abattre. Elle bâtit également de nouvelles solidarités. La compulsivité et l'inconscience du système marchand heurtent de plus en plus notre conscience. D'abus en abus, le monde de la vénalité fédère la critique et oblige l'humanité a s'unifier.

Aout 2003

 

 

 

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henry laborit

Beaucoup d'entre nous mourront ainsi sans jamais être nés à leur humanité, ayant confiné leurs systèmes associatifs à l'innovation marchande, en couvrant de mots la nudité simpliste de leur inconscient dominateur. Henri Laborit

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Mise à jour le 10/02/2012 - Paris
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