Origine des valeurs
Des qualités naturelles
Une humanité issue de la nature
Le malheur le rendait injuste. Il se revanchait sur ceux qui ne lui voulaient pas de mal et quelquefois sur de plus faibles que lui.
Anatole France
À la parution de l'origine des espèces de Charles Darwin, des réactions hostiles ne manquèrent pas d'arrivée. Pour certains, il était inadmissible de relier l'homme aux primates naturels. L’épouse d’un archevêque anglican, lady Worcester s'écria : « Pourvu que cela ne soit pas vrai ! Mais si ça l’était, prions pour que cela ne se sache pas ! ».
Aujourd'hui, nous n'en sommes plus là . Au contraire. Les créationnistes radicaux sont marginaux et malgré quelques tentatives de passage en force, le darwinisme tient bon. Son point de vu est toujours le plus couramment admis.
Comment faire autrement. La majorité de nos réactions* rappelle en permanence notre lien avec les lois de la nature.
*
(et la majorité de nos actions aussi)
Les différences humaines
Après s'être dissociée des autres primates l'espèce humaine a développé ses particularités physiques et psychiques.
L'évolution physique
Entre les primates naturels et nous les différences sont notables :
la perte de la pilosité,
la position debout,
la conformation crânienne et la dextérité, en sont quelques-unes.
L'évolution psychique
L'évolution psychique et sociale de l'homme est également incontestable. La sophistication du langage, de la raison, de la volonté et de la conscience morale en font partie.
Mais toutes ces facultés psychiques ont évolué à partir de prédispositions déjà présentes dans la nature.
L'intelligence, la mémoire, la volonté, la conscience ou la raison se rencontrent également chez nos cousins singes.
Même nos interdits, nos lois et notre morale, déclinent le comportements déjà présents dans la nature.
La morale instinctive
Il existe en effet, une sorte de « morale instinctive » au sein de la nature. Dans le monde animal, elle maintient la violence à « sa plus petite nécessité possible ».
Elle empêche par exemple le dominant de prolonger sa violence, quand le dominé fait acte de soumission.
L'homme a converti cette morale instinctive en lois et en éthiques.
- « On ne frappe pas un homme à terre ».
- « On ne doit pas abuser de sa force ni de son pouvoir ».
- « Moralement et légalement, il est interdit
de maltraiter une personne vulnérable », etc.
Les trois grands progrès de l'humanité
Pulsion, nature, question
En observant attentivement l'ensemble des évolutions humaines, on peut y distinguer trois grands axes.
De l'environnement
Même si c'est l'inconscience qui a géré les deux siècles d'industrialisation, notre maîtrise du milieu s'est développée. Aujourd'hui, l'humanité semble avoir définitivement compris qu'il lui fallait évoluer vers le propre et l'écologie.
Autrement dit, nous maîtrisons de mieux en mieux notre environnement.
Du comportement
Par de multiples voies, l'humanité engage les hommes à maîtriser de mieux en mieux leur comportement. La conscience morale en est un point central. Elle nous permet de gérer de mieux en mieux certaines de nos pulsions. Elle stimule les valeurs humaines et brime les tendances à s'affirmer aux dépens d'autrui.
Le développement de l'empathie est un autre moteur. Il fait progresser nos qualités affectives et psychologiques.
Grâce à ces qualités, nous améliorons sans cesse notre rapport à autrui et à nous même.
Du questionnement
L'autre grand chantier de notre évolution concerne le questionnement. L'intelligence en est l'ouvrier central. À l'aide des sciences et de la philosophie, nous connaissons de mieux en mieux notre monde. Nous résolvons de plus en plus d'énigmes.
Facultés mentales et connaissances évoluent en permanence. Elles interagissent entre elles et travaillent en silence à leur perfectionnement.
Le but final est de découvrir toutes les énigmes.
Ce premier chapitre sera consacré à l'homme et son comportement.
La maîtrise progressive du comportement
Pulsions, interdits et extase
La maîtrise progressive des instincts
La compression des pulsions par les interdits est au profit de l'extase.
Si les facultés psychiques humaines ont comme origine la nature, leur sophistication est une de nos spécialités.
Par son développement cérébral, l'individu peut se libérer de ses tendances et de ses pulsions.
De tous les primates, seul l'être humain est capable de sublimer ses instincts, de les transformer en actions créatrices. Il est le seul à pourvoir s'imposer les rigueurs de l'ascétisme pour atteindre l'extase mystique.
C'est le cas par exemple de l'ascète.
Cette incroyable prouesse, notre espèce la doit en grande partie, à l'émergence de ses nouvelles capacités cérébrales.
La verbalisation, la raison, la mémoire, la conscience morale, et la volonté, font parti de ces nouveautés.
Les interdits
des créateurs d'humanité.
Les interdits ont-ils permis aux grandes facultés humaines d'émerger ou bien est-ce le contraire ? La question est en suspens.
En tout cas, ces deux valeurs se stimulent l'une l'autre. Les interdits obligent notre conscience, notre intelligence et notre volonté à émerger. Et ces dernières gênèrent en permanence de nouveaux interdits. Nouveaux interdits qui compriment à leur tour nos pulsions « primaires » (agressivité, prédation, domination ..).
L'évolution des instincts en pulsions.
Dans la nature, l'instinct l'animal pousse l'individu à tenter de s'affirmer aux dépens de ses congénères. Cet instinct est à l'origine des transgressions humaines.
Le vol, l'abus d'autrui, l'agression, la violence, l'esclavage et le racisme en découlent. Ils déclinent de la prédation, de l'agressivité, du narcissisme, de la domination et de l'esprit de clan.
De l'instinct à la tendance, à la pulsion
En évoluant de l'animal à l'homme, les instincts sont devenus des « tendances ».
Évolués en tendances, ces instincts sont modifiables par l'homme. Grâce à à sa volonté, sa raison et sa conscience nous pouvons gérer nos tendances. L'animal ne dispose pas de ce potentiel. Ou tout au moins, pas avec notre dextérité. Il ne peut donc pas agir sur ses instincts.
Dans l'humanité, la tendance à abuser d'autrui est donc devenue plus facile à corriger et donc à éliminer.
L'influence de la société
L'éducation, la pression sociale, le choix des valeurs d'une société peuvent également agir sur cette zone pulsionnelle.
Nous pensons ici qu'un des buts de l'humanité est de parvenir à une maîtrise parfaite de son comportement. Nous pouvons alors comprendre l'intérêt qu'il y avait, pour notre espèce, de quitter les lois de la nature. De passer du singe à l'homme.
La valorisation des tendances positives
Parallèlement à ce travail d'écrasement de « pulsions négatives », l'humanité stimule ses « tendances positives ». Amitié, amour, affection, consolation, médiation, partage, réciprocité, pitié et l'altruisme sont en permanence valorisées par notre espèce.
Ces tendances positives déclinent également de la nature. Elles sont également présentes chez les primates naturels. Simplement l'homme les transcende.
Petit résumé de l'évolution humaine.
Dans un premier temps notre espèce s'est dotée d'interdits.
À l'aide de ces interdits (et des grandes valeurs humaines) l'homme a peut gérer ses pulsions.
Grâce à cette gestion l'espèce humaine a développé ses qualités psychiques.
En développant ses qualités psychiques, l'homme a découvert la religion.
La religion a prolongé ce travail de compression des pulsions négatives*.
* en renforçant la morale et en survalorisant les tendances fraternelles et pacifiques.
Et finalement, ce mécanisme oriente notre espèce vers « la gestion parfaite de ses pulsions ».
la cruauté >
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