Généalogie de la morale.
De l'instinct du bien à la morale universelle
La vie n'aime pas le mal.
La nature n'est pas très rigolote, mais on ne peut pas dire qu'elle soit particulièrement cruelle.
Indéniablement, la perversion ou le plaisir de torturer, font défaut au reste du monde animal.
Sur terre, en mer ou dans l'air, les prédateurs tuent généralement leurs proies le plus rapidement possible.
Une «puissance instinctive» les empêche d'infliger des souffrances inutiles.
Lors de conflits entre dominants, les vainqueurs n'usent jamais de leur supériorité pour martyriser les vaincus.
Le loup dominant peut briser le cou d'un subalterne quand celui-ci le lui tend,
mais une force l'en empêche.
Idem pour les crocodiles, les taureaux, les lions ou les éléphants. Les dominants ont les moyens de persécuter les plus faibles, mais un instinct plus puissant le leur interdit.
Pour certains scientifiques cet instinct répond à la nécessité d'économiser ses forces. C'est sans doute vrai, mais il s'agit à mon sens, d'une vision étroite. Les ramifications de cet instinct, vont largement au-delà .
Cette force gère de manière idéale l'agressivité dans la nature mais pas seulement. Elle est également à l'origine de notre morale et de nos lois.
Pour s'en convaincre, il suffit de relier ce comportement animal avec notre « on ne frappe pas un homme à terre ».
Si « l'instinct moral» est à l'origine de la morale humaine, il l'est également de la sagesse et de la sainteté.
Au final donc, cet instinct naturel est beaucoup plus mystique et spirituel que l'on croit.
C'est pourquoi nous l'appellerons ici : « instinct du bien » ou « morale instinctive ».
Évolution de la morale humaine.
Histoire naïve de l'évolution morale
Parce qu'elle est gérée (et bien gérée) par cet « instinct du bien », la violence du monde animal ignore les conduites perverses.
Cet instinct positif, a accompagné la transformation de l'animal homme.
Il a suivi le passage de la nature à la culture.
Les interdits naturels sont devenus des interdits culturels (des tabous, des lois, des morales).
Au cours de son évolution, l'homme a développé sa conscience.
Au fur et à mesure de l'émergence de cette dernière, les instincts perdaient de leur influence.
L’instinct du bien, perdait lui aussi,
de l'autorité instinctive au profit d’une autorité apprise (l'éducation, la conscience morale).
L'instinct du bien s'est donc progressivement transformé en morale, en éthique et en lois.
Morales, éthiques et lois sont enseignées dés la plus tendre enfance.
Autrement dit, les freins naturels de la violence, ont quitté le royaume de l'inconscient, pour celui de la conscience.
La conscience du bien
L'homme doit donc, à présent, apprendre à limiter, lui-même, sa violence.
A la limiter consciemment, car l'esprit humain, ne dispose plus de barrière instinctive suffisamment forte pour limiter celle-ci.
Si les barrières morales, éthiques et législatives ne sont pas suffisamment fortes, plus rien à présent ne peut limiter les débordements de l'individu. Si l'homme ne craint plus la loi et si son potentiel d'empathie n'a pas été construit, ses actes peuvent sombrer dans le monstrueux.
1/ L'évolution de la morale
Au cours de notre évolution, « la morale humaine » à progressé.
Partisane et clanique à ses débuts, elle est devenue universelle.
Des phrases comme : « ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi même » ...« tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits  » ont des équivalents dans le monde entier.
A travers les concepts de « bien et de mal », de « bon et de mauvais » et de « légal et d'illégal », la religion, l'école et la justice, sont les grands véhicules de la morale humaine.
Seulement, l'enseignement des grandes règles universelles morales ne suffit pas à maîtriser les pulsions agressives.
2/ L'importance de l'empathie.
Pour être véritablement efficace, les grandes valeurs doivent s'accompagner d'une puissante capacité à l'empathie.
Pour se développer, cette qualité, majeure pour l'espèce humaine, a besoin d'un cadre affectif opérant et respectueux. Pour élaborer ses notions de respect et d'amour universel d'autrui, l'éducation de l'homme doit baignée dans un cadre affective et valorisante. L'enfant à besoin d'amour maternel, paternel,
fraternel, amical tout au long de son éducation, .. Pour être capable d'empathie, il doit également vivre dans un monde suffisamment spiritualisé et moralisé.
Le milieu familial, l'éducation, les circonstances de la vie, peuvent construire un être humain, égoïste, narcissique, raciste, méprisant les faibles.
Et il peut, au contraire, bâtir un être humain, généreux, humble, universaliste, sans préjugés, etc.
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