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    la maîtrise du comportement

Les leaders

Les dominants et leurs caractères

daumier"On peut voir le monde tel qu'il est, comprendre ses fatalités et lutter pour le changer". Jmt.

Dans le sens de l'évolution.

D'accord, une certaine différence entre classes dirigeantes et classes exécutantes est une nécessité pour l'évolution de la société.
D'accord, l'oppression du peuple par les dominants est un puissant moteur d'évolutions sociales (par la révolte qu'elle engendre). D'accord avec Hegel pour situer l'opprimé et l'esclave dans une meilleure position que celle de l'oppresseur.

D'accord également pour faire preuve de la plus grande compassion envers les dominants narcissiques. D'accord pour comprendre qu'ils sont de simples victimes d'une éducation (car c’est le cas). Et d'accord encore pour conseiller d'avoir, envers eux, le plus d'amour et de bienveillance possible.

MAIS !

Il est pourtant du devoir du philosophe de ne pas admettre les choses comme elles le sont.

Il est du devoir de tout homme de bonne volonté de lutter contre l'injustice.

L'humanité a créé le bien et le mal, le juste et l'injuste et cela a un sens.

En démocratie, les dominants utilisent la manipulation narcissique pour thésauriser les privilèges. Il s'agit d'une évolution par rapport aux régences précédentes comme la tyrannie, la dictature, l'aristocratie.

Mais le philosophe ne peut pas se contenter de cela. Il doit travailler à la destruction de cette nouvelle forme d'oppression. Comme nos prédécesseurs face aux autocraties du moment, nous devons lutter contre la perversion actuelle.

En ce sens, nous pensons comme Éric Weil lorsqu'il écrit : «  le philosophe veut que la violence disparaisse du monde. Il reconnaît le besoin, il admet le désir, il convient que l'homme reste animal tout en étant raisonnable : ce qui importe, c'est d'éliminer la violence. »

La responsabilité du philosophe

Aujourd'hui, les philosophes occidentaux n'ont à se plaindre d'aucune dangereuse oppression. Par rapport à leurs ancêtres, leur position est particulièrement enviable. Cela ne les dispense pas de devoirs à rendre à l'humanité. Au contraire, cette relative tranquillité d'esprit, devrait leur fournir plus d'énergie pour critiquer les classes dirigeantes.

Aujourd'hui, ils ont la charge, me semble-t-il, d'éclairer les mécanismes de la manipulation (du politique, du marché). Comme Nietzsche envers la religion, ils doivent étudier les artifices dialectiques utilisés par les nouveaux dominants. Éclairer les ruses employées par les leaders actuels pour imposer leur choix au peuple.

Aujourd'hui, l'utilisation de la manipulation verbale est constante à travers la télévision. Et elle passe comme des lettres à la poste. Les penseurs médiatisés se veulent légers et les penseurs critiques ont un accès réduit aux mass media.

Comprendre le pouvoir du dictateur

À mon sens, cette réflexion sur la psychologie des dominants a été sous-estimée jusqu'à présent.

Nous n'avons pas suffisamment réfléchi, par exemple, à la psychopathologie des trois grands dictateurs - Staline, Mussolini, Hitler. Ils ont pourtant largement ensanglanté le siècle dernier .. Malgré cela, disons : « culte de la personnalité» à propos de Staline, au lieu de «psychopathologie» ou perversion narcissique.

Nous n'avons pas suffisamment détaillé ce qui a permis à un Hitler de fasciner tout un peuple. Comment s'est-il hissé aux commandes d'une si grande puissance et en si peu de temps ? Comment un système aussi pervers est-il parvenu a fédérer des millions d'êtres humains derrière son projet criminel ? Pourquoi les grands dirigeants occidentaux ont accepté, et parfois soutenu, l'ascension de ce psychopathe ? Comment laisse-t-on un criminel ayant décrit ses crimes à venir, devenir chef d'État.

 

De la démocratie.

Son sens profond

Le naïf est la norme

Le peuple, dans sa grande majorité, est naïf par nature.
Il accorde spontanément sa confiance.
Majoritairement dépourvu de mal et de perversion, il ne la voit pas venir chez les dominants.

Autrement dit, et pour le dire trivialement, dans sa majorité, le peuple n'est pas tordu.

Cette limpidité naturelle du peuple est une qualité.
Elle est essentielle à l'évolution et doit absolument être préservée.

Ce sont aux rusés de suivre l'exemple du peuple et non pas au peuple d'imiter les rusés.

  • La majorité humaine est naïve, spontanée, droite, innocente, loyale et honnête. Elle a l'esprit bien tourné. C'est la raison pour laquelle l'humanité se choisit progressivement la démocratie. Évoluer vers la «souveraineté du peuple» revient à évoluer vers la souveraineté de son comportement.

L'humanité n'est pas passé de l'aristocratie à la démocratie pour rien. Le but est d'entraîner les dominantes vers les qualités du peuple. les diverses qualités du peuple doivent servir d'exemple au groupe humain tout entier.

Il ne s'agit pas d'endurcir le peuple pour lui éviter d'être abuser par les manipulateurs, mais de travailler sur les manipulateurs. La société doit lutter contre la manipulation pour permettre à la population paisible de garder toute sa naïveté, sa bienveillance et sa spontanéité.

 

Les horizons de l'humanité

Du père tout-puissant à Dieu

L'évolution des icones

"Citez-moi les personnalités qu’une nation place en haut de ses sondages de popularité, et je vous dirai l’âme de cette nation". Jmt.

L'homme a besoin d'icônes pour le faire rêver nous disent les médias.

Certes, l'humanité a toujours besoin de se choisir des héros comme horizon.

Seulement, la figure de cet idéal vers lequel l'homme doit tendre n'a cessé de progresser au cours de l'évolution humaine.

Schématiquement, nous pourrions dire de cette évolution qu'elle suit un axe allant du guerrier jusqu'au saint.

Entre l'icône du père tout-puissant et violent dont parle Freud à propos de la horde sauvage et l'image du Christ ou du Mahatma Gandhi aujourd'hui, l'idéal à atteindre a changé radicalement.

Succédant au père totem et thésaurisateur, les dieux de la mythologie, dont les Grecs faisaient leur horizon, étaient capables du meilleur comme du pire. Capables de bonté, de générosité, d'abnégation mais également de meurtre, de rapt ou de viol. En somme, le « comportement étalon » que les Grecs avait pour horizon était plus ou moins à l'image de leur chef guerrier..

Les choses ont radicalement changé avec l'arrivée des grandes spiritualités. L'hindouisme, le judaïsme, le bouddhisme, le christianisme, le taoïsme ou le zen ont fait reculé cet horizon jusqu'à son ultime limite : la perfection.

Brahman et Dieu allaient alors servir de nouveaux modèles pour la majorité humaine. Ils allaient propulser, peu à peu, l'amour, la bonté, la justice, la générosité et l'universalité, jusqu'à leurs points de perfection (on retrouve cet idéal dans la philosophie de Platon).

M.L.King, abbé Pierre, soeur Emmanuelle, Gandhi

Par déclinaison, les êtres humains les plus aptes à incarner ces valeurs supérieures sont également devenus des réfèrents aux yeux de l'humanité. Pendant plusieurs millénaires, pour une majorité de la population humaine, les prophètes, les saints, les sages, les ascètes ont servi de limite à atteindre ou d'icône à vénérer.

Depuis quelques décennies, ces grandes spiritualités (tout au moins en Occident) ont été plus ou moins marginalisées au profit du marché. Ce nouveau diffuseur de valeur impose depuis ses nouvelles icônes. Les stars, les milliardaires, les héros du stade en sont quelques-unes.

Jusqu'à présent, l'humanité ne s'y est pas trompée. Dans le cÅ“ur de la majorité humaine, des Gandhi, M.L.King, mère Térésa, abbé Pierre ou soeur Emmanuelle, font encore office d'horizon. Les valeurs spirituelles qu'ils représentent, semblent encore, être les préférés de l'humanité.

Mais nous devons tout de même être vigilants. Un retour vers de vieux horizons nous imposerait une forte régression.

D'ailleurs, nous en avons déjà fait l'expérience. Le nazisme, avec son point de mire grec, et le fascisme avec les romains nous ont ramenés aux valeurs et aux souffrances de ces deux mondes polythéistes. Leurs deux « héros », Hitler et Mussolini, ont incarné le pire des héros de la mythologie. Téméraires mais également veules, rusés et menteurs, chargés de haine et de colère, capable de tout ravager sur leur passage et finissant par assassiner leurs propres enfants.

Pour évoluer vers le bien, vers l'amour, l'universalité, la paix et la fraternité, l'humanité doit donc préserver les horizons de perfection qu'elle suit depuis plusieurs millénaires déjà.

En principe, le peuple choisit naturellement les personnalités, laïques ou religieuses, les plus proches de cet idéal (M.L.King ou l'abbé Pierre). Le charisme et les actions de ces êtres humains d'exceptions attirent vers eux tous les suffrages.

Mais quand un peuple est manipulé, il peut se retrouver à vénérer des personnalités inverses. Soumis à la propagande, une population peut trouver charismatiques des personnages sans véritable charisme et véhiculant des valeurs inverses à celle de l'horizon.

 

Le culte de la personnalité

Charme et charme

Les deux formes de dominants charismatiques

Il existe donc deux formes de charisme :

  • Le charisme naturel,
  • et le charisme construit.
1/ Les dominants naturellement charismatiques

Selon moi, la distinction est facile.

D'un côté nous trouvons le narcissisme et de l'autre l'humilité. D'un côté l'esprit de clan et de l'autre l'esprit universel. D'un côté l'amour des puissants et de l'autre l'amour des humbles. d'un côté l'abus du peuple et de l'autre le souci d'améliorer ses conditions de vie.

Les personnalités naturellement charismatiques ne sont pas narcissiques. Elles sont vénérées pour leurs grandes valeurs morales. Elles sont aimées pour leur engagement critique envers les injustices. Si un culte de leur personne s'impose, c'est sans qu'elles aient besoin de le construire.

2/ Les faux charismatiques

Il en va tout autrement du culte de la personnalité imposé par certains dictateurs. Celui-ci est entièrement échafaudé et manipulé. Il est l'oeuvre d'une propagande trompeuse. Ces personnalités narcissiques n'ont aucune des qualités morales permettant aux grands hommes d'être naturellement aimés.

Ils ne sont pas des attracteurs positifs. Ils ne sont animés ni de bonté, ni de morale, ni de courage (Hitler écrit en 1930 : qui veut être chef porte l'autorité la plus absolue mais aussi la dernière et la plus lourde des responsabilités. Qui est incapable, ou trop lâche pour accepter les conséquences de ses actes, ne vaut rien comme chef .... et se suicide pour ne pas assumer ses responsabilités).
Ces personnalités sont du coté des valeurs archaïques, du coté des puissants, de l'injustice et de la manipulation.
Pour s'affirmer, elles utilisent la séduction trompeuse. Elles se montrent sous un faux jour et font converger artificiellement tous les regards vers elles. Elles stimulent la petite part perverse qui sommeille chez tout individu (voyeurisme, agressivité, sadisme, xénophobie, construction de bouc émissaire, etc.).

Les faux charismatiques brouillent le regard du peuple pour qu'il adhère à leurs choix. Ils manipulent ses exaltations et musellent toute critique.

Une fois le mécanisme bien ficelé, ces dictateurs imposent leurs choix de société. Comme il s'agit systématiquement de très mauvaises options pour le peuple, c'est le peuple, au final, qui paye le plus lourd tribut des pots cassés.

À la sortie de la dernière guerre mondiale, les peuples allemand, italien et japonais pouvaient en témoigner.

 

Le narcissisme du marché

Star, Célébrité, VIP

MarylinLe culte de la personnalité du système marchand

Sous un certain angle, le marché s'est imposé selon cette dernière modalité. Il a utilisé la manipulation et une certaine forme de propagande pour se montré sous un jour qui n'était pas le sien. En Occident, les monts et merveilles promis au monde ouvrier pour qu'il admette son type d'évolution ont essentiellement profité aux leaders du marché. Pour le peuple, au contraire, l'existence s'est compliquée.

Évidemment, la dangerosité du marché n'a absolument rien à voir avec celle d'un dictateur. Les cultes qu'il nous impose, sont extrêmement doux en comparaison du culte réclamé par un Staline par exemple. Le système marchand, malgré tous ses abus, est largement préférable à n'importe quelle dictature et à n'importe quel système guerrier.

Mais, nous devons regarder tout de même les choses en face.

Même adouci, le système marchand est un système narcissique fonctionnant sur le principe du culte de sa personnalité. Nous pouvons même parler d'un flot permanent de cultes imposés, tambours battants, pour éviter toute prise de conscience (intuitivement, tous les systèmes narcissiques utilisent l'hyperactivité et le brouhaha pour focaliser les attentions et anéantir la pensée).

Même adouci, le système marchand, comme tous les systèmes dictatoriaux, soustrait l'image du peuple pour y accoler la sienne. Depuis des décennies, les citoyens sont écartés des mass médias (ou simplement utilisés comme faire valoir). La télévision est au contraire submergée par tous les symboles éclatants du marché.

Évidemment, nous devons le redire encore une fois, l'emprise du marché n'a rien à voir avec celle des dictatures. Et malgré toutes ses outrances, le système actuel accorde une grande liberté à celui qui veut s'en extraire ou s'en protéger.
Même si le marché verrouille une grande partie des critiques, il nous reste quand même tout un attirail pour nous en défendre. Même s'il abuse les naïfs (et ce sera condamner un jour), nous sommes libre de consentir à son culte ou pas.
Et même s'il a tendance à écarter les icônes spirituelles de l'humanité pour nous vendre les siennes, il ne nous a pas imposé de les abandonner, comme le communisme l'a fait.

Mais une critique du marché me semble absolument nécessaire. Un meilleur partage entre marchandisation et spiritualité devra être fait. Un grand espace devra être réservé à la défense du consommateur.

Alors nous pourrons sans doute dire de la société marchande qu'elle est, et de loin, le système le plus humain et le plus gai pour évoluer.

 

 

 

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jean marc tonizzo

 

Le peuple humain outragé ! Le peuple humain brisé ! Le peuple humain martyrisé ! mais Le peuple humain libéré par l'élite juste, noble et courageuse ... quand pourrons nous dire cela ?

Jean Marc Tonizzo

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Mise à jour le 11/02/2012 - Paris
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