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    la maîtrise du comportement

Généalogie des interdits

Petite histoire des interdits humains

jugement dernier michel angeLa création des interdits est un des actes fondateurs de l'humanité.

Tabous, morales, lois,

Après avoir engendré une immense fratrie, la nature a mis l'espèce humaine au monde. L'homme est le seul de ses enfants à pouvoir comprendre les mécanismes de la création. Le seul à avoir développé aussi rapidement sa conscience et le progrès.

Pour passer des règles de la nature au monde de la culture, l'humanité devait s'imposer des interdits. Il lui fallait déclarer illégitimes des actes « légitimes » dans la nature. Grâce à ce mécanisme, notre espèce est parvenue à transcender, certains de ses instincts.

Par exemple, la copulation est devenue l'amour, la prédation : le vol, la thésaurisation : l'égoïsme.
Ces instincts ont donc été transformé en « phénomènes culturels ». Devenus des phénomènes culturels, l'homme peut agir dessus. Il peut les prohiber, les interdire, les moraliser, etc.

La création des interdits (tabou, morale, lois) représente donc un des fondements de l'humanité. C'est un acte fondateur pour la transformation animal / humain.

L'interdit humain n'est pas une invention tombée du ciel. Des « prohibitions » existent également dans la nature. Elles existent à l'état d'instincts. Autrement dit les interdits humains, prennent racine sur ces « interdits instinctifs ».

Une évolution ingénieuse.

Lorsqu'on observe de près l'évolution, on prend conscience de sa merveilleuse intelligence. En passant dans le royaume de la culture, les interdits peuvent évoluer. C'est ce qu'ils font au sein de l'humanité. Ils évoluent en permanence. Notre droit s'améliore, s'enrichit, se peaufine et s'universalise en permanence. En évoluant, le droit affaiblit les moyens d'abuser autrui. Et cette compression progressive, permet de faire émerger lentement mais sûrement, notre humanité.

Entre ce qu'interdit d'un coup de dents le chimpanzé à son subalterne, et la multitude de lois gérant aujourd'hui notre société, un grand nombre d'étapes était nécessaire.

1/ Le tabou.

Une des toutes premières formes de prohibition d'actes humains connue, s'appelle le TABOU.
Il s'agit d'une interdiction d'ordre magico-religieuse. Sa transgression entraîne un châtiment surnaturel.
Le système des tabous peut être considéré comme le père du droit et de la morale actuelle. Il est l'un des premiers à avoir distingué les actions humaines en actions « bonnes » ou « mauvaises ». « Autorisées » et « interdites ».

2/ La morale religieuse et le droit.

Dans le millénaire avant Jésus-Christ, sont apparus les grandes civilisations de l'écriture (hindou, égyptienne, chinoise, hébraïque, grecque). Avec elles, deux nouvelles formes de compression (des instincts) ont vu le jour. La morale religieuse et le droit.

Notre système d'interdits est alors passé de « oral » à « écrit ».

2 nouveaux outils de compressions s'ajoutaient aux tabous pour obliger l'homme à maîtriser toujours plus ses instincts.

  • Les grandes religions offraient la morale à l'humanité. Autrement dit, la distinction entre le bien et le mal.
  • Les premières administrations, quand à elles, mettaient au point les bases de la législation. Droit civil, légal et illégal sont apparues à ce moment-là dans des codes. (La plus ancienne loi écrite découverte à ce jour semble être le code d'Hammourabi).
    En quelques millénaires, les tabous, la morale et le droit, se sont unis pour humaniser l'homme. Passés dans l'éducation, ils ont fait ce que nous sommes.

Une laïcisation progressive

Mon pays est le monde, et ma religion est de faire le bien. Paine

Tout au long de ce processus civilisateur, certains tabous sont tombés en désuétude. Certaines prescriptions morales, également. Ces prohibitions, jugées trop subjectives, trop contraignantes, ou trop culpabilisantes, ont disparues.

Le système législatif, au contraire, n'a pas cessé de se développer.

Les tabous et les morales religieuses existent encore mais sont progressivement remplacés par les interdits laïques. Peu à peu, le droit prend le pas sur le religieux. Le légal et l'illégal sur le bien et le mal. En somme, les religions abandonne peu à peu leurs fonctions « civilisatrices », au monde laïque. Lentement elles retournent à leur mission : le spirituel.

Évidemment, cette période de transmission de pouvoir est instable et chaotique. La morale religieuse s'efface peu à peu. Seulement, le droit n'est pas encore suffisamment efficaces pour bien la remplacer. D'ou la recrudescence des transgressions morales dans cette période.

 

Le législateur et le délinquant

Du tabou à la conscience

carole condé karl beveridge« Ce qui distingue l'homme d'une manière spéciale, c'est qu'il perçoit le bien le mal, le juste et l'injuste, et tous les sentiments de même ordre » Aristote politique.

La conscience du mal est une véritable nouveauté du phénomène humain.

Depuis sa création, le système des interdits s'est constamment amélioré.
À l'origine, il était constitué de tabous qu'il fallait respecter sous peine de malédictions ou de calamités. Puis il s'est enrichi d'interdits religieux et philosophiques, et enfin d'interdits laïques (la loi, le droit) ...

L'évolution du système des interdits, engage de nombreuses corporations. Des moralistes, des législateurs, des juges, des gardiens de la paix etc. ... Mais cette évolution bénéficie également du « travail » des transgressants.

De la nécessité du transgressant

En effet, sans le transgressant il n'y a pas d'évolution humaine possible.

Pour satisfaire ses tendances, le transgressant enfreint ou contourne le code civil. Pour assouvir des intérêts égoïstes où claniques, il transgresse le code moral ou éthique de l'humanité. Et pour combattre ces comportement, l'humanité doit développer sans cesse le droit et la législation.

Autrement dit, le délinquant participe lui aussi, à l'amélioration de la justice et du droit humain.

Il aide l'humanité à évoluer vers sa perfection...

Instrument du « mal » outil du bien, et artisan de sa propre disparition.

 

 

 

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john locke

La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir, mais les maux présents triomphent d'elle. John Locke

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Mise à jour le 10/02/2012 - Paris
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