La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir, mais les maux présents triomphent d'elle. John Locke
Histoire des interdits
« Ce qui distingue l'homme d'une manière spéciale,
c'est qu'il perçoit le bien le mal, le juste et l'injuste,
et tous les sentiments de même ordre » Aristote politique Pour écraser
progressivement certains instincts et se différencier
ainsi des autres PRIMATES, L'HOMME a du progressivement déclarer
illégitimes
des actes « légitimes » dans la nature, comme la prédation, la domination, la thésaurisation des privilèges etc..
La création des interdits est donc
une des pierres fondamentales de l'humanité, un des
actes fondateurs de la transformation animal / humain.
Le système des interdits prend
racine dans les lois de la nature.
Il évolue en permanence, pour faire émerger lentement mais sûrement, notre humanité.
Entre ce qu'interdit d'un coup de dents le chimpanzé dominant au chimpanzé de position inférieure, et la multitude de
lois gérant aujourd'hui le monde humain, un grand
nombre d'étapes était nécessaire.
1/ Le tabou.
Une des toutes premières formes de prohibition d'actes
humains que nous connaissons, s'appelle LE TABOU.
Il s'agit d'une interdiction d'ordre magico-religieuse dont la transgression entraîne un châtiment surnaturel.
Le sytème des tabous peut être considéré comme l'un des tout premiers actes qui a séparé les actions humaines en actions « bonnes » ou « mauvaises », « autorisées » et « interdites ».
2/ La morale religieuse et le droit.
Avec l'arrivée des grandes civilisations (Inde, Égypte, Chine etc.), et de l'écriture, deux nouveaux
mécanismes de compression de tendances ont vu le jour : la morale religieuse et le droit. Tout deux, entrainaient le système des interdits, vers l'ecrit et le définitif
Ces 2 nouveaux outils de compressions des tendances abusantes, sont venus s'ajouter au précédent
pour obliger l'homme à maîtriser toujours plus
ses instincts.
D'un côté les grandes religions
imposaient la morale, autrement dit, la distinction entre le bien et le mal.
De l'autre, les premières formes de gouvernement, les premières formes d'administration, commençaient
à mettre au point les bases, de ce qui deviendrait les législations d'aujourd'hui, le droit civil, la distinction des actions humaines en légales et
illégales ( la plus ancienne loi écrite découverte à ce jour semble être le code d'Hammourabi).
Pendant quelques millénaires, un ensemble d'interdits
dans lesquels se mêlaient les tabous, la morale religieuse et le droit législatif, se sont unis pour humaniser
l'être humain jusqu'au point où nous en sommes.
Mon pays est le monde, et ma religion est
de faire le bien. Paine Tout au long de ce processus
civilisateur, certains tabous et prescriptions
morales sont tombés en
désuétude et ont disparu.
Le droit législatif au contraire, n'a pas cessé de
se développer.
Aujourd'hui tabous et morales religieuses existent encore, mais ils sont de plus
en plus remplacés par les interdits
laïques.
Progressivement, le droit civil ( légal et illégal),
prend le pas sur le droit religieux (le bien et le mal), trop
subjectif et culpabilisant.
Le système religieux
cède progressivement sa fonction « compression
des instincts » au monde laïque.
Évidemment, cette période
de passation de pouvoir est instable et chaotique. La morale religieuse disparaît peu à peu, mais les lois laïques ne sont pas encore suffisamment efficaces pour les remplacer.
En résumé :
depuis sa création, le système
des interdits s'est constamment amélioré.
D'abord constitué de TABOUS qu'il fallait respecter
sous peine de malédictions ou de calamités, il
s'est enrichi des INTERDITS RELIGIEUX et PHILOSOPHIQUES ( morale et éthique) puis
des INTERDITS LAÏQUES - la
loi, le droit ...
L'évolution du système des interdits,
nécessite le travail des moralistes, des législateurs,
des juges, des gardiens de la paix, mais également le concours
des transgressants.
En effet, le transgressant - autrement dit : celui qui,
pour satisfaire ses tendances et ses intérêts égoïstes
ou claniques, enfreint ou contourne le code civil, le code
moral ou le code éthique de l'humanité -
participe lui aussi, mais par le négatif, à l'évolution
de la justice, du droit et de la perfection humaine ...
S'il
est l'instrument du mal
il est également un des outils du bien, et l'artisan de sa propre disparition.
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