philosophie naïve du devenir humain

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Animal homme
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Introduction
De la cruauté humaine
Histoire des interdits
De la nécessité du hors-la-loi
Evolution par le négatif
Evolution n'est pas supériorité
Illusion d'évoluer vers le pire
Régressions nécessaires
Etre et devoir être
Un point de vue kantien
 

La philosophie d'un siècle est le sens commun du suivant.
I Ching Pourquoi punir un coupable quand il n'y a plus aucun bien à tirer de son châtiment.

De la nécessité des transgressants

Allier la plus ferme résistance au mal à la plus grande tolerance envers le malfaiteur. Il n'existe pas d'autre moyen de purifier le monde. Gandhi

Révoltée par la présence du « mal » ( par « le scandale du mal » selon Paul Ricoeur), atterrée par les horreurs du siècle dernier et leur persistance dans celui-ci, la pensée actuelle a tendance à gommer le rôle joué par cette « FORCE NÉGATIVE  » dans L'ÉVOLUTION POSITIVE de l'humanité.

Pourtant, le mal est la dimension sans laquelle le bien n'existerait pas ... il s'agit de la force sombre, sans laquelle la justice, le droit et les lois n'évolueraient pas.
Il est donc nécessaire de réfléchir au problème de la transgression, nécessaire de saisir le sens profond du mal, si nous voulons comprendre le véritable sens de notre évolution.

J'appelle TRANSGRESSANT, tout individu qui enfreint les grandes règles MORALES, ÉTHIQUES ou CIVILES d'une société.

Nous ne parlons bien évidemment pas, des morales et des éthiques partisanes, favorables à tel groupe et défavorables à tel autre. Nous entendons MORALES au sens UNIVERSEL du terme, morales capables de répondre à la définition proposée par Kant : Agis de telle sorte que la maxime de ta volonté puisse être érigée en loi universelle.

Un homme peut donc transgresser la morale ou l'éthique humaine, tout en restant dans le cadre de la loi.
C'est le cas par exemple de l'employeur payant son personnel au plus bas salaire légal, en sachant qu'il lui permet à peine de survivre. C'est le cas encore du très-riche détournant la tête devant la misère. En somme, c'est le cas de tout égoïsme légal.

Même si le mal, sous un certain aspect, est un des moteurs du bien, il n'est évidemment pas question de le valoriser ou l'accepter tel quel sans le combattre, sous prétexte qu'il est fondamental pour l'évolution humaine.

Seulement, si nous voulons agir le plus efficacement possible sur ces fonctionnements négatifs, il faut en comprendre les causes au lieu d'en traiter seulement les effets.

Il est donc nécessaire, pour notre humanité, si elle veut devenir consciente, de déchiffrer tous les mécanismes qui permettent à un individu d'abuser ses semblables.

Le paradoxe du mal.

Seul celui qui comprend la beauté du pardon est capable de juger ses semblables. SocrateLorsque nous observons sans affectivité l'organisation humaine, le transgressant nous apparaît comme un des acteurs nécessaires pour l'évolution de la justice, du droit et de la loi.

Si la présence du transgressant est une nécessité pour l'évolution de l'humanité, sa condamnation l'est tout autant.

Nous sommes donc en présence d'un un étrange paradoxe :

MAL et TRANSGRESSANT sont en même temps nécessaires et nécessairement condamnables.

En effet, ils sont nécessaires pour obliger le bien à évoluer et necessairement condamnables pour réduire constamment leur influence.

Cette nécessité nous oblige en même temps à comprendre l'importance du transgressant pour l'évolution humaine, et à trouver les meilleures solutions pour les maîtriser.

Le challenge est de taille car il s'agit d'améliorer notre compréhension de la transgression, améliorer nos systèmes d'éducation et de punition.

  • Nous devons mettre à jour, toutes les motivations poussant un être humain à transgresser les limites morales, éthiques et juridiques de l'humanité.
  • Nous devons améliorer les conditions de détention pour cesser enfin d'aggraver les situations.
  • Nous devons améliorer notre enseignement du respect d'autrui, au sens universel du terme, et étendre cet enseignement à l'humanité entière.
  • Nous devons permettre aux délinquants d'utiliser leur potentiel dans un sens positif.
  • Nous devons transformer l'enfermement en un lieu de développement affectif, intellectuel, créatif.
  • Nous devons apporter un soutien psychologique poussé pour régler ces problèmes d'enfance ramenant sans cesse le délinquant vers la délinquance.
  • Nous devons permettre aux transgressants d'apprendre à gérer leur pulsions agressives ou abusantes pour transformer l'énergie vitale négative en énergie positive et constructive pour l'humanité.
  • Nous devons également, montrer et critiquer avec plus de vigueur, les transgressions legales, utilisées par les dominants pour asservir les dominés.

Si la nécessité du transgressant est un fait pour notre évolution, sa condamnation effective ou morale, l'est également pour orienter cette évolution vers le bien de l'humanité. John Stuart Mill, le grand penseur du libéralisme, avait bien compris cette nécessité lorsqu'il écrit : « Si quelqu'un commet un acte nuisible pour les autres, il y a une raison prima facie de le punir, par la loi, ou, là où des sanctions légales ne sont pas applicables sans danger , par la désapprobation générale. » - la désapprobation générale est à la charge des médias, c'est à eux par exemple, de traquer et de montrer du doigt sans se soucier de tels ou tels intérêts, la délinquance en cols blancs, les abus de certains hommes d'affaires dans les pays sous-développés, d'éclairer les dictatures des pays pauvres , les abus des célébrités, pour que régresse au lieu d'augmenter ce genre de transgression autorisée, et pour permettre au peuple de ne pas considérer l'abus d'autrui comme une normalité.

Aucune transgression ne doit rester impunie ou non expliquée à son auteur. Sous cette condition seulement, l'humanité peut progresser vers toujours plus d'humanité et non pas régresser vers toujours plus d'animalité.

C'est la seule condition également pour que le transgressant soit en même temps un développeur de bien et l'instrument de sa propre extinction.

 

Histoire de la transgression

Il faut de TOUS pour faire un monde.

Nous pouvons schématiser la création et l'évolution des interdits de cette façon :

  • Nos INTERDITS CULTURELS prennent naissance dans le système instinctif du primate naturel auquel nous appartenions à l'origine. A ce stade ils etaient INTERDITS NATURELS (manifestations agressives en cas de sentiment d'abus, cessation de toute agressivité du dominant aux premieres attitudes de soumission du subordonné, etc.)
  • De ces interdits instinctifs, sont issus tous notre interdits - tabous, lois morales, lois laïques.
  • Pour assouvir leurs désirs et leurs pulsions, les transgressants enfreignent ces lois ou s'évertuent à les contourner.
  • Ce faisant ils obligent les législateurs à inventer de nouvelles lois pour s'y opposer, donc à développer le droit et la loi.
  • L'ensemble de ce mécanisme, restreint toujours plus la capacité humaine à abuser d'autrui.

Par ce travail conjoint du transgressant et du législateur, les lois laïques se sont étoffées jusqu'au code pénal actuel, qui, en théorie, permet de protéger le faible, de la toute-puissance du fort.

Progressivement le filet se resserre sur la liberté de transgresser.

Il y a quelques milliers d'années encore, les dominants avaient tout pouvoir sur les dominés.

Grâce à la progression du droit, un arsenal pointu de lois restrictives, permet à présent, de condamner une grande partie des abus d'autrui que le passé légitimait.

Seulement, même si l'évolution du droit porte ses fruits, la législation et le comportement humain ne sont pas encore parvenus à leur perfection.

Il existe encore des moyens légaux d'abuser ses congénères, et le psychisme humain n'a pas encore atteint les niveaux capables de respecter parfaitement autrui.

Vers le respect absolu d'autrui

Pourtant, le sort des hommes ne cesse de s'améliorer.
La violence, la fréquence et l'impunité du fort sur le faible, diminuent constamment d'intensité.

Et ainsi, de siècles en siècles, notre instinct primaire originel (celui qui condamne notre cousin singe a s'affirmer aux dépens de ses congénères), perd de l'ampleur au profit des nouvelles valeurs humaines, telles que la justice, l'entraide, l'amour, le respect du prochain ...

La conscience est la conséquence du renoncement aux pulsions. Sigmund Freud

Métamorphoser un être conditionné à s'affirmer aux dépens de ses congénères, en un être totalement respectueux d'autrui, voilà selon nous, le rôle de l'humanité constructrice.

Au sein de cette évolution, l'activité du TRANSGRESSANT trouve également sa logique.

il est donc nécessaire d'incorporer l'ensemble des défauts que nous avons hérités de notre nature primaire et primate, au nombre des outils de construction vers la perfection.

En résumé, pour élaborer l'agneau que sera l'homme pour l'homme, l'homme doit parfois, malheureusement être un loup pour l'homme. (voir Kant à ce sujet)

 

Philosophie, religion science >> vers contrainte

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Le terme d'instinct s'applique selon moi à tout processus psychique, dont l'énergie n'est pas dominée par la conscience. (C.G.Jung, Types psychologiques)

Pour Pyrrhus ne faire de mal à personne et n'en éprouver de personne, c'etait une vie de dégoût et d’ennui [ ... ] Pyrrhus qui roulait toujours d'espérance en espérance, et pour qui les succès n'était qu'une occasion de courir à d'autres succès, et qui voulait d’ailleurs réparer ses revers par de nouvelles entreprises, ne cessait, vainqueurs ou vaincu, de nuire aux autres et de se nuire à lui-même. Plutarque

 

: Au reste, cette querelle ne vous sera point inutile ; le plus souvent la république prend une nouvelle force de ces inimitiés particulières où chaque citoyen est forcé de se montrer tel qu'il est.

La querelle de Salluste et Ciceron, réponse de Ciceron.

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