La violence humaine
Antagonisme et dualisme
La dualité, la discorde
"Tout arrive à l'existence, par la discorde et
la nécessité".Héraclite
Nous pouvons le dire ainsi : l'affrontement et le conflit font parti des outils d'évolution de l'humanité.
Les moteurs primaires*, participent à part entière à l'élaboration de notre monde. Ils prédominent même, semble-t-il, sur les moteurs pacifistes et paisibles.
* nos pulsions agressives,nos tendances au conflit
Nous pouvons rêver d'une humanité entièrement pacifiée, la guerre encore s'impose. Nous avons beau appeler la paix de nos voeux l'instinct de domination est toujours parmi nous. Nous pouvons militer avec force
pour
voir s'instaurer la fraternité de notre vivant, elle concerne visiblement notre futur.
Même si la majorité humaine aspire à la
paix, les dirigeants du monde ont d'autres aspirations.
C'est une des raisons pour lesquelles l'humanité choisit peu à peu la démocratie pour évoluer.
Elle exige en effet des dominants qu'ils se conforment aux décisions du peuple souverain, par essence plus paisible.
Évidemment nous parlons là d'une démocratie idéale.
Avant d'atteindre cette forme supérieure de gouvernance, l'humanité doit éliminer ce qui aujourd'hui la pervertit.
Après les dictateurs
De la dictature au narcissisme
La perversion narcissique
A chaque époque sa réflexion. Pour en combattre les dérives, les penseurs des siècles précédents avaient à réfléchir aux idéologies correspondantes.
Il s'agissait alors de tyrannie, de dictature, d'autocratie, d'aristocratie, ou d'impérialisme ..
La derniere oeuvre des dictateurs, a coûté 50 millions de morts à l'humanité. Elle a signé définitivement le bannissement de cette forme de gouvernante au sein du phénomène humain.
Avec l'arrivée des démocraties, les dominants à tendances autocratiques ou claniques, ont dû s'adapter aux nouvelles normes de la société.
C'est ainsi que la manipulation narcissique a pris la place de la dictature.
Il s'agit là d'un gain majeur pour l'humanité. En effet, si ces nouveaux dirigeants n'ont pas vraiment l'âme démocrate, leur nouveau caractère les oblige malgré tout à rester dans le cadre de la loi et de la démocratie (ce qui n'était absolument pas le cas des tyrans ou des dictateurs).
En l'espace d'un demi-siècle, l'humanité en a terminé avec pratiquement toutes les grandes formes de tyrannie. Les derniers dictateurs restants sont irrémédiablement combattus jusqu'à leur anéantissement.
Mais la lutte continue. La pensée contemporaine doit à présent étudié le caractère et les techniques de la manipulation narcissique.
Le but étant à terme, de rendre nos démocraties parfaitement démocratiques.
L'humanité devra donc trouver les moyens pour empêcher les dominants narcissiques de se hisser dans les rouages du pouvoir et des influences.
L'humanité à venir aura la charge de déchiffrer tous les processus manipulatoires, tous les sophismes, sur lesquels s'appuient les dominants narcissiques pour parvenir jusqu'aux zones de pouvoir.
Le narcissisme en démocratie
Du point de vue politique, les tendances du narcissisme s'opposent en effet, à toutes les grandes valeurs de la démocratie.
Le besoin excessif d'être admiré empêche, par exemple, de vénérer prioritairement le peuple (comme on doit l'attendre d'un dirigeant démocrate).
Le sentiment grandiose de soi-même, le manque d'empathie et l'arrogance préparent mal à servir humblement les citoyens dont on a la charge.
Et surtout, l'irrépressible attirance envers les puissants, doublé d'un mépris ou d'une indifférence pour les subalternes, range définitivement le narcissisme du côté des piètres démocrates.
Mais l'humanité ne se trompe pas.
Toutefois, si le narcissisme s'impose bien souvent aujourd'hui en démocratie, ce n'est pas pour rien. Il n'y a pas d'erreur de casting dans l'évolution humaine. Quand la conscience d'une société accepte la tyrannie, elle a toutes les chances d'avoir un tyran à sa tête. Quand elle est posée sur le degré de la dictature, les dictateurs en général s'imposent. Et quand la conscience humaine en est au stade narcissique, elle a toutes les chances d'avoir un système narcissique au pouvoir.
Nous pouvons le dire autrement : toute société a exactement le gouvernement qu'elle mérite.
Aujourd'hui, le narcissisme emporte souvent les suffrages populaires et il y a de bonnes raisons à cela.
La gestion du monde psychopathologique
Les dominants narcissiques semblent bien être, en effet, les plus efficaces pour contenir les dominants a tendance psychopathologique. Pour le dire plus clairement, un gouvernement narcissique est sans doute plus armé aujourd'hui, pour contenir un système mafieux offensif. Plus armé qu'un gouvernement social, un peu naïf et très humaniste. La difficile gestion des mafias, dans les démocraties du Sud, semble nous en apporter la preuve.
La difficile compréhension du narcissisme
L'humanité en est encore à ses débuts quant à l'analyse de ces nouveaux dominants. Nous n'avons pas encore vraiment bien étudié toutes les subtilités de la manipulation perverse. Nous ne comprenons pas encore tout à fait son langage paradoxal. Leurs opposants humanistes ont alors bien souvent un temps de retard sur leur manipulation.
Les qualités mêmes du narcissisme
Et enfin, leur propension à s'organiser, à constituer des groupes solidaires et homogènes, leur capacité à faire émerger le plus apte d'entre eux à la victoire, leur cohérence mentale, et leur qualité de leader offrent à ces personnalités, bien souvent attachantes, des atouts indéniables vis-à -vis des électeurs.
La manipulation perverse
Les freins à l'évolution paisible
"L'histoire universelle est le progrès dans la conscience de la liberté". Friedrich Hegel
1/ Manipulation en occident
Nous nous disons homo sapiens (hommes sages) mais nous sommes encore bien loin de la sagesse telle que nous l'entendons en philosophie par exemple. Par contre, nous sommes encore très près de nos pulsions.
Dans l'absolu, ce que nous sommes, n'est absolument pas critiquable. Nous sommes à un point sur le parcours de notre évolution et ne pouvons pas être plus loin. On en veut pas à un adolescent de ne pas encore avoir atteint l'âge de la sagesse.
Mais en pratique, il nous faut critiquer la société humaine. Nous devons estimer sa lenteur insupportable. Ainsi seulement, nous évoluons et dans le sens de la sagesse.
Sous ce principe, nous devons critiquer les démocraties occidentales, même si elles représentent globalement le meilleur système du moment.
En Occident, les démocraties sont victimes aujourd'hui de la perversion narcissique. La forme des débats politiques, l'éthique contestable des médias ou la violence de la compétition donnent des avantages aux hommes politiques les plus aptes à manier la ruse, l'influence et la manipulation.
Les hommes politiques intègres et vraiment démocratiques, sont avalés, la plupart du temps, par les plus agressifs, les plus claniques, les plus opportunistes et les plus habiles à dégrader l'image de l'autre. Des décennies de télévision narcissique ont également préparé (inconsciemment sans doute) l'esprit des citoyens à se choisir des personnalités les plus ressemblantes aux valeurs de la télé.
James Bond, Johnson et Andréotti
Évidemment, l'arrivée en force de ces nouveaux hommes politiques sur le devant de la scène internationale a un sens, comme nous l'avons dit plus haut.
Pour venir a bout des psychopathes que sont Mr No, Goldfinger, Largo, Blofeld, Kahn, Renard ou Graves, la société envoie un James Bond manipulateur, narcissique, et capable de tout (mais sans sortir pour autant du cadre légal fixé par le système).
De la même façon, un Lindon Johnson est parfaitement accepté par le système psychopathologique qui a assassiné John Fitzgerald Kennedy, puisqu'il y a survécu.
Idem en Italie, où un Andreotti parvient à gérer toutes les forces occultes, là où des hommes politiques plus honnêtes et intègres, à l'image d'Aldo Moro, ne peuvent pas survivre.
Le monde en est là . Aujourd'hui encore, lorsque un homme politique intègre et progressiste menace les intérêts du narcissisme, ce dernier n'hésite pas à s'allier avec la psychopathologie pour l'écarter.
À mon sens, il s'agit là du mécanisme ayant conduit à l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy et d'Aldo Moro. Ce processus est parfaitement intuitif. Il est tout simplement animé par la réunion de deux intérêts antidémocratiques.
Un simulacre de démocratie
Il s'agit là d'une interprétation simpliste. Le problème est sans doute beaucoup plus complexe et méritera de plus amples réflexions.
En tout cas, le caractère d'une grande partie les dominants actuels, ne nous autorise encore qu'un simulacre démocratique (malgré tout préférable aux autres systèmes).
Rares sont les démocraties acceptant d'entendre la voix du peuple sur des sujets aussi graves que la guerre par exemple.
La plupart du temps, soit en dévalorisant la sagesse populaire par des phrases du genre : « on ne va pas se laisser dicter la politique par la rue », soit en manipulant les médias, certains pouvoirs parviennent à faire admettre l'inadmissible à leur
population.
En écartant la parole citoyenne, en transformant la télévision en instruments de propagande,
en discréditant ou en manipulant les opposants, les belliqueuses anti démocrates parviennent à imposer
leur désir de guerre à des populations, dont le véritable intérêt est
la paix.
D'ailleurs, après chaque guerre dites préventives, le peuple finit toujours par se rendre compte
qu'il a été lésé et qu'il est bien le seul à payer les pots cassés.
La corruption
Professeur Occident
La corruption dans les pays émergents
"Tout est difficile avant
d'être simple". Thomas Fuller. Dans les régimes émergeants, les violences résultent bien souvent du retard
démocratique.
Beaucoup de ces pays fonctionnent
aujourd'hui encore, sous des régimes plus ou moins dictatoriaux,
claniques ou oligarchiques.
Certains intérêts occidentaux
ont une grande part de responsabilité dans
le maintient de ces systèmes archaïques. L'exemple de l'Afghanistan est emblématique. Posés sur la voie démocratique dans les années 70, les intérêts stratégiques de quelques dominants, en non anéanti successivement tous les espoirs..
Et le post colonialisme actuel ne parait pas avoir encore envie d'aider réellement à l'essor démocratique des pays émergeants.
Abandonnés à leur sort, soumis à de mauvaises influences, les anciens colonisés se retrouvent plongés dans de violentes dictatures déguisées en démocraties.
L'indifférence occidentale et la faiblesse des instances internationales
condamnent les populations de ces pays antidémocratiques à l'oppression et à l'arbitraire.
Pourtant, tous ces peuples sont déjà apte à la démocratie et y aspirent.
La faiblesse de l'ONU
Un troisième
point sert d'obstacle à la réalisation
de la paix ... c'est la faiblesse de l'ONU.
Tant qu'une autorité juste, suprême
et universelle ne s'imposera pas à l'espèce
humaine, la valse des empires dominants (et des inévitables
prétendants)
ne cessera de se jouer.
Nostalgiques des vieux empires
(sans
en comprendre la position instable et l'implacable finalité),
certaines puissances continuent de vouloir s'imposer
comme « maître » de l'humanité.
Elles sont en décalage avec l'époque
et avec le désir profond de leur peuple (aspirant tout simplement à la paix).
En se conduisant comme des empires, ces puissances engendrent évidemment des prétendantes envieuses.
En se conduisant comme des empires, ces puissances empêchent également l'émergence de la seule puissance internationale capable d'imposer la justice et la paix sur l'ensemble de l'humanité (l'ONU).
Évidemment, selon notre théorie, cela signifie tout simplement qu'il n'en est pas encore temps. Cette finalité pourtant est forcément notre horizon. Sans doute devons-nous préalablement franchir quelques paliers intermédiaires.
La récurrence de ces désirs impérialistes, empêche également l'émergence
de formes politiques plus cohérentes
avec la hauteur de la conscience générale humaine. Elle freine l'émergence d'idéologies plus en rapport avec la conscience générale actuelle. Des idéologies utilisant la symbiose,
le partage, le mutualisme, le commensalisme etc.
Et enfin, la persistance de l'antagonisme renforce les climats d'espionnites qui sont, comme
l'a très
bien saisi Kant,
des obstacles majeurs à toute
paix perpétuelle.
L'insociable sociabilité de l'humain
Et enfin, il y a l'insociable sociabilité de l'être
humain.
"Le loup que peut être l'homme
pour l'homme" ( Hobbes). Le vieux refrain du maître
et de l'esclave ( Hegel ).
La nature humaine
avec toutes ses contradictions et ses faiblesses.
Même
s'il a tout intérêt à la paix, même
s'il est (par nature) plus paisible que les dominants, le peuple est également plus naïf et plus facilement influençable.
Accordant facilement sa confiance, il est extrêmement vulnérable à la manipulation. À l'aide des médias, de la télévision, les grands manipulateurs (comme le marché) réussissent sans grandes difficultés à s'imposer dans l'esprit du peuple.
Parvenu au cœur même de l'être humain, dans sa maison, le marché affole l'homme pour l'empêcher de réfléchir. Ce mécanisme n'est pas nouveau. Saint
Augustin, à propos des jeux du cirque et sa difficulté à résister à ses attraits, nous montre une des origines.
Mais là encore, l'évolution humaine nous éclaire de son éclat. Le sadisme par lequel les dirigeants romains fascinait leur peuple s'est transformé en agitation télévisuelle, grâce à laquelle le marché fascine les consommateurs que nous sommes devenus. Les humiliations violentes des vaincus des arènes de Rome, que les notables offraient à leurs peuples pour aller solliciter la petite part perverse qui sommeille en chacun de nous, se sont transformées en petites phrases perverses et en petites humiliations proférées à présent par des présentateurs de jeux télévisés.
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